pour le bénéfice du pays US de Donald !
Dans la frénésie de l’administration Trump, une politique est passée inaperçue : le démantèlement de 1’appareil onusien, flagrant à Genève. Coupes budgétaires et reculs dans la lutte contre les épidémies ou la pauvreté en résultent.
À l’ONU, la destruction massive de Trump qui coûtera des vies
C’est moins spectaculaire que l’exfiltration d’un chef d’État au Venezuela ou la menace d’invasion du Groenland. Pourtant, dans l’œuvre de destruction massive de l’ordre international accomplie par Donald Trump en janvier, c’est celle qui pourrait coûter le plus de vies.
Les États-Unis ont démantelé l’ONU comme jamais, cela dans une relative indifférence des opinions. L’impuissance à arrêter les conflits en raison du droit de veto accorde aux cinq vainqueurs de la Deuxième Guerre mondiale, États-Unis, Russie, Chine, France et Grande-Bretagne, faisant parfois douter de l’utilité des Nations Unies. Alors que son rôle est surtout de sortir des millions de personnes de l’extrême pauvreté ou éradiquer des maladies. Et cette ONU opérationnelle est en grande partie à Genève, avec la galaxie des institutions spécialisées, dans un marasme rare. « Il y a plein de jeunes qui ne savent pas de quoi leur avenir sera fait, même des touts petits contrats de deux mois ne sont pas reconduits » témoigne cette Française.
En un mois, les États-Unis ont attaqué trois piliers.
D’abord, le 29 décembre 2025, a leur Mission diplomatique, ils ont mis le Bureau de la coordination des affaires humanitaires au régime sec. Ces dernières années, les Américains lui versaient « 8 à 10 milliards de dollars », selon le propre chiffre de l’administration Trump, la première source de revenus de l’ONU certes, mais en rapport avec les moyens de la première puissance mondiale. Ils sont passés à deux milliards, avec droit de regard Maga en prime.
Idéologies sociales radicales
Le département d’État a accusé plusieurs agences de l’ONU d’adopter des idéologies sociales radicales qui nuisent aux intérêts américains, entraînant le retrait des États-Unis de 66 organisations internationales, notamment le Giec et l’UICN. Fin janvier, ils se sont également retirés de l’OMS, critiquée pour avoir compromis l’indépendance des États-Unis, notamment au sujet de la gestion du Covid et des vaccins.
Résultat, une décision inédite dans toute l’histoire de l’OMS, qu’il est normalement interdit de quitter, sauf pour les États-Unis, qui avaient négocié cette disposition en 1948.
Polio, choléra, paludisme, l’espoir…
Les États reconnaissent l’importance d’une organisation mondiale comme l’OMS pour combattre les maladies, mise en question par l’administration Trump. Antoine Flahaut rappelle des succès passés tels que l’éradication de la variole et appelle à poursuivre les efforts contre la polio, le choléra et le paludisme, tout en avertissant que le réchauffement climatique et la réduction des investissements menacent ces luttes. Le principal obstacle reste le financement, avec une baisse des budgets de l’OMS et de l’ONU malgré les urgents appels à l’action pour éviter des pandémies.
Même si les Européens ont aussi des cartes en main, il se dit dans les couloirs genevois que Chinois ou Indiens pourraient remplir le vide laissé. Faisant basculer un monde dominé par l’Occident, les droits de l’homme et la démocratie — même avec toutes les hypocrisies de la realpolitik — a un autre. C’est aussi cela le soft power à la Trump qui en janvier encore lançait son Conseil de la paix à Davos, club d’autocrates a un milliard le ticket d’entrée verrait bien remplacer l’ONU…
Synthèse d’un article signé Sébastien Colson. Le Dauphiné 05/02/2026