Quand ils ont vendu les Groenlandais sur Leboncoin…

… je n’ai rien dit… etc.

Combien coûte un être humain ? Selon Donald Trump, 10 000 dollars, soit l’équivalent de 8 600 euros. C’est la somme qu’il envisage de verser à chaque Groenlandais pour les convaincre de faire sécession du Danemark et rejoindre les États-Unis.

Au regard du droit international, la réponse est oui.
Oui, Donald Trump peut sortir son carnet de chèques et acheter le Groenland comme il achèterait une pizza au coin de la rue. Il ne ferait d’ailleurs que suivre la longue tradition de ses prédécesseurs […].

Le président James Polk, qui acquit en 1848, une partie du Mexique pour la bagatelle de 15 millions de dollars des territoires, devenus la Californie, le Nevada, l’Utah, ainsi qu’une partie de l’Arizona, du Colorado, du Wyoming et du Nouveau-Mexique – et la vie de quelque 13 000 soldats américains et 25 000 Mexicains, mais c’est un détail.

Ou bien de Thomas Jefferson qui, quelques années plus tôt, en 1803, obtenait à vil prix d’un Napoléon Bonaparte affaibli par la révolution haïtienne, la Louisiane, pour 15 millions de dollars.

Leur meilleur deal reste néanmoins l’Alaska, acquis en 1867 pour 7,2 millions de dollars. Un comble : c’est la Russie, alors propriétaire qui, à l’époque, sollicite les États-Unis pour qu’ils lui soumettent une offre.

[…] L’histoire nous apprend que Donald Trump n’a rien inventé, mais puise simplement ses idées dans les réflexes colonialistes de nos ancêtres.

Certes, il y a bien eu des rébellions de population ici et là, comme aux Philippines, où les habitants, après s’être fait racheter par les États-Unis à l’Espagne pour 20 millions de dollars en 1898, ont mené une guerre contre les Amerloques.

Mais il manquait alors aux populations vendues un détail d’importance : l’indignation mondiale.

L’offre semble cette fois-ci beaucoup plus sérieuse et, surtout, elle est chiffrée : entre 10 000 et 100 000 dollars ont été proposés pour chacun des 57 000 habitants de l’île.

Reste à savoir si les cris d’orfraie de l’Union européenne feront rétropédaler celui qui cherche à renouer avec la doctrine Monroe et son corollaire Roosevelt. Ou, plus précisément, les arranger à sa sauce. […]


Lorraine Redaud. Charlie Hebdo. N° 1748. 21/01/2026 (Extraits)
Nous vous invitons à lire l’intégralité de l’article dans l’hebdomadaire

L’avis de B.H.

Ainsi tout s’achèterait !
Mais cela n’a pas toujours existé, dans les sociétés antiques, vous tuiez quelqu’un, même par accident, vous étiez tué.
Puis plus tard, on a attribué un prix à la vie, d’abord pour éviter les vendettas, notamment chez les peuples tribaux, puis parce que tout devait être comptabilisé dans les sociétés structurées, ce qui a permis les assurances sur la vie.
La vie a un prix, autrefois fixe, aujourd’hui variable suivant la richesse.


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