« L’Appel ». Le feuilleton FN/RN

Les médias restent très discrets, malgré leur habitude de suivre tous les buzz.
Ils évitent d’attaquer le RN et se contentent de dire que Jordan est prêt,
juste une guignolade en vue des élections à venir.
MC

L’ex-collaboratrice de Marine Le Pen a peiné, mardi [27/01/2026] devant la cour d’appel de Paris, à démontrer qu’elle travaillait pour l’eurodéputée et non pour la présidente de parti, ou à expliquer pourquoi elle ne résidait pas dans la capitale belge, contrairement à ce qu’exigeait son statut.

La présidente de la cour d’appel, Michèle Agi, s’est surtout concentrée sur la période ouverte en 2011, lorsque Marine Le Pen devient présidente du mouvement. Selon l’accusation, Catherine Griset n’a jamais vraiment travaillé pour l’activité européenne de sa députée, mais pour la cheffe de parti.

Ce que semblent attester l’organigramme et l’annuaire du FN la présentant comme« assistante de Marine Le Pen » au sein du parti, ce tableau envoyé par l’ex-trésorier Wallerand de Saint-Just sur lequel est inscrit « Catherine Griset, assistante de MLP, payée autrement » ou encore le fait qu’elle gérait toute la messagerie de sa patronne, à l’exception de sa boîte mail du Parlement européen.

« Mais, donc, vous ne travaillez pas du tout avec le matériel du Parlement. C’est curieux tout de même… Certaines personnes devaient vous écrire à l’adresse du Parlement, non ? », interroge la magistrate. La prévenue reconnaît que, dans ses tâches, certaines concernaient le parti, mais pour 20 % de son temps seulement, avance-t-elle.

« C’est une fonction extérieure à partir du moment où vous travaillez au sein d’un parti. Pourquoi ne pas l’avoir déclaré au Parlement européen ? », poursuit Michèle Agi, de plus en plus incisive. « Pour moi, je ne travaillais pas pour le parti. (…) Je travaillais pour Marine Le Pen », affirme Catherine Griset. Mais plusieurs éléments viennent contredire cela. Comme ces primes envoyées par Wallerand de Saint-Just, le trésorier du… FN.

Une « prime d’expatriation » sans expatriation

Parallèlement, Catherine Griset recevait des « primes d’expatriation » de la part du Parlement européen, son statut l’obligeant à résider à Bruxelles. Embarrassée, elle tente péniblement de faire bonne figure : « Oui, je sais. Mais, quand j’allais au Parlement, je ne me faisais rien rembourser. Oui, je sais, ce n’est pas très juridique. Mais bon, comme ça, ça allait. »

Car, non, celle qui est devenue eurodéputée depuis 2019 ne vivait pas dans la capitale belge : « Je n’ai pas respecté cet engagement parce que cela ne me convenait pas. » « Mais vous y êtes restée pendant cinq ans. Trois mois, je ne dis pas. Mais, là, vous y restez cinq ans ! », réplique Michèle Agi, rappelant que le bureau de Catherine Griset était à Nanterre, au siège du RN.

C’est peu dire que Michèle Agi n’a pas été convaincue par la prévenue, apparue pourtant nettement mieux préparée que lors du procès en première instance, à l’issue duquel elle a été condamnée à un an de prison avec sursis et deux ans d’inéligibilité.

Ces trois premières semaines à la cour d’appel ont montré que le clan Le Pen avait davantage structuré son propos, reconnaissant des « erreurs » et cherchant à les expliquer. Mais les faits comme les lignes de défense restent les mêmes. Ce qui devrait conduire les avocats généraux, la semaine prochaine lors de leurs réquisitions, à réclamer des peines aussi sévères qu’en première instance.


Florent LE DU


Une réflexion sur “« L’Appel ». Le feuilleton FN/RN

  1. bernarddominik 29/01/2026 / 12h07

    Ce serait mieux si l’UE attaquait en justice TOUS les partis qui utilisent les attachés parlementaires pour d’autres tâches. Combien de députés ont mis leur épouse comme attachée!

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