… vos lois, vos juridictions internationales, j’m’en tape
Dans un entretien à CNN, Stephen Miller, l’un des conseillers les plus influents de Donald Trump, a dit que personne n’ira se battre [contre les États-Unis] pour l’avenir du Groenland ».
La phrase de Miller révèle une cohérence : elle s’accorde avec les méthodes qui ont été déployées par la deuxième administration Trump depuis son installation. On chercherait en vain dans cette dernière des responsables politiques attachés au droit international, au respect de la forme et de la substance du droit, sans jamais se soucier des conséquences de ses actions à cours, moyen ou long terme.
Une analyse de Marie-Laure Basilien-Gainche, professeure de droit public a l’université Jean-Moulin-Lyon-3.
- Ne pouvait-on pas anticiper ce qu’il se passe ?
Les responsables politiques auraient certainement dû anticiper l’anomie qui paraît s’instaurer. On a, peine, à penser que les services de renseignement, les services des Affaires étrangères n’aient pas envisage qu’une seconde administration Trump pouvait embrasser l’exercice du pouvoir avec une telle désinhibition.
- Quelle aurait été l’autre réponse possible ?
Déjà, nommer correctement l’opération au Venezuela pour ce qu’elle est : une agression militaire.
On a aussi affaire, avec le Venezuela, a une violation flagrante de l’article 2 de la Charte des Nations Unies : l’engagement des États à ne pas recourir à la menace ou a l’emploi de la force dans les relations internationales.
- Comment sauver ce qui peut encore l’être du droit international ?
Je n’ai pas la réponse. Mais pour comprendre le droit, il n’est pas inutile de revenir au symbole de la justice — une femme portant une balance, un bandeau et un glaive.
- La balance est là pour parvenir à la décision le plus juste et ajustée possible.
- Le bandeau manifeste qu’il convient de ne pas favoriser certains intérêts au détriment des autres, qu’il convient de construire un intérêt général.
- Enfin, le glaive incarne la contrainte, afin que le droit soit garanti.
- Il ne saurait y avoir de droit sans contrainte, fut-ce celle-ci imposée soi-même !
Dans le film Nuremberg [de James Vanderbilt, sortie en France le 28 janvier, ndlr], le docteur Douglas Kelley, chef psychiatre et officier de renseignement de l’armée américaine chargé d’interroger les hauts grades nazis, prévient : « Si vous croyez que la prochaine fois, ils arriveront en uniforme, vous n’avez rien compris ». Voilà.
Nous assistons au surgissement d’un nouveau fascisme qui n’arrive pas en uniforme — simplement en casquettes rouges…
Courts extraits-synthèse d’un article signé Marie-Laure Basilien-Gainche. Télérama N° 3966. 14/01/2026
La vérité est malheureusement simple Trump est un bouffon dangereux. Menteur prêt à sacrifier des milliers de personnes pour son égo.