Économie sociale et solidaire…

Le chantier du budget de l’État reste, pour 1’heure, inachevé. Et plus les semaines passent, plus l’inquiétude s’installe parmi les entreprises et organisations de l’Économie sociale et solidaire (ESS).

Déjà à l’automne, elles agitaient le chiffon rouge face au Projet de loi de finances (PLF) 2026 qui, dans sa version initiale, risquait d’entraîner une baisse massive des moyens alloués à ce secteur, déjà affecté par des coupes budgétaires, et aurait des conséquences « désastreuses » sur l’emploi.

Ces craintes, alors que le PLF 2026 est toujours en discussion au Parlement, sont largement partagées localement. « L’ESS représentait en 2024 en Auvergne-Rhône-Alpes plus de 330 000 emplois, soit un emploi sur sept dans le secteur privé, fait valoir la Chambre régionale de l’Économie sociale et solidaire. Sans inflexion significative, ce sont des dizaines de milliers d’emplois de l’ESS qui pourraient disparaitre ».

Une activité non délocalisable

Pascal Carlisi pilote la délégation régionale de Coorace, la Fédération nationale des structures d’insertion par l’activité économique. Lui aussi est inquiet : « Si le financement public des SIAE est amputé de 14 %, cela toucherait dans la région 5 000 personnes accompagnées et reviendrait rayé de la carte, en structures d’insertion, les départements de la Loire et de la Drôme, du jour au lendemain ». Or, l’IAE « est une solution structurante et crée de la richesse. C’est une activité non délocalisable ».

Perrine Metral est coprésidente d’Usie 74, réseau d’une quarantaine de structures d’insertion de Haute-Savoie. Ce maillage, précise-t-elle, « représente 728 Équivalent temps plein, soit 2400 personnes en parcours d’insertion. Et souvent quand l’État verse un euro, cela rapporte trois euros sur le territoire ».

Si le gouvernement décide de réduire le financement public, Perrine Metral alerte sur tous ces postes en insertion, « ils seront touchés en premier. Notre cœur de métier est de permettre à des personnes de reprendre pied avec le monde du travail. Nous allons laisser sur le bas-côté des personnes déjà fragilisées. Ce qui risque d’impliquer aussi une augmentation des demandes de minima sociaux ».

Le BTP déjà très impacté

Au sein de Solal (Solution locale et solidaire de services a la personne et aux professionnels), une association intermédiaire de Haute-Savoie qu’elle dirige, Perrine Metral indique avoir réfléchi à une restructuration « pour pouvoir préserver le nombre de postes et nos offres d’insertion. Nous avons transformé notre modèle économique en réduisant les postes en atelier chantier d’insertion (ACI) et elle en proposant d’autres en entreprise d’insertion. De fait, nous avons moins de postes ouverts au public en grande difficulté, ce qui impacte directement les bénéficiaires ».

L’équipe de Solal en a déjà fait l’expérience, ayant dû renoncer, il y a quelques mois, au lancement d’une activité maraîchère comme support d’un atelier chantier d’insertion, faute d’engagement de l’État… Selon Pascal Carlisi, ce scenario risque de se répéter, « d’autant que des départements parlent déjà de baisser également leur participation ».

II observe que des secteurs d’activités sont déjà affectés : le BTP « qui subit la chute des commandes publiques à l’approche des élections et plus globalement, des structures qui ont eu un marché public ».

Auprès de ses adhérents (120 entreprises sur la région), Coorace étudie de nouvelles stratégies : « Il s’agit surtout de soutenir la robustesse et la pérennité du modèle économique des « SUE » Puis, dit-il, entendre les structures qui souhaitent sortir d’une logique de quasi-prestation de service pour refonder un partenariat base sur la confiance et la coopération, plus conforme à l’histoire et a la mission sociale de l’IAE  ». Et, enfin, « mobiliser davantage les entreprises de droit commun, non pas comme sous-traitants sociaux, mais comme partenaires économiques durables ».


Céline Ferrero. Dauphiné 13/01/2026

L’Avis de B.H.

La France a été biberonnée aux subventions, toute notre économie fonctionne aux subventions, ça fragilise le pays qui n’est plus capable de fonctionner sans l’état.
Et ce système est vicieux, car il s’accroît constamment en créant de nouveaux besoins de subventions.
Il faut tout remettre à plat

L’avis de R.B.

Enfin des données portées à la connaissance du grand public sur l’Économie sociale et Solidaire, dans notre région [Auvergne-Rhône-Alpes].
Les chambres régionales de l’Économie Sociale et Solidaire existent dans chaque région. Mais leur place médiatique est peu importante !
Le poids économique est très important ainsi que le nombre d’emplois directs et indirects.
Je n’évoque même pas la philosophie qui préside à la gestion de ces entreprises ou associations.
Il y a une alternative économique et sociale à faire connaître.
« No alternative » n’existe passe si ce n’est dans la rhétorique des puissances capitalistes.


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