Influenceur…

La sénatrice socialiste de Paris, Colombe Brossel a présenté le 14/01/2026 lors d’une conférence de presse l’objet de la commission d’enquête de son groupe dans le cadre de son droit de tirage annuel. La commission d’enquête sera officialisée cet après-midi en Conférence des présidents et portera « sur les mécanismes de financement des politiques publiques par des organismes, sociétés ou fondations de droit privé et les risques en matière d’influence et d’absence de transparence financière ».

L’intitulé est volontairement large, « mais vous l’avez compris, on a en tête tout ce qui navigue autour de la galaxie de Pierre-Édouard Stérin […] Si nous ne l’avons pas cité en tant que tel dans le nom de la commission d’enquête, c’est pour se laisser toute possibilité de travailler sur d’autres modes de financement », a expliqué la sénatrice.

Les travaux de la commission d’enquête pourraient également porter sur la question de la régulation des médias traditionnels, notamment ceux de Vincent Bolloré, mais aussi la régulation des influenceurs ou encore le financement des écoles privées hors contrats.

Mais son objet principal consistera à faire la lumière sur le projet « Périclès » du milliardaire d’extrême droite Pierre-Édouard Stérin.

L’entrepreneur, qui a fait fortune avec les Smartbox, entend mettre ses moyens au service de ses idées. Il finance notamment un organisme qui accompagne, au travers de séminaires de formation, des candidats aux élections municipales. L’homme d’affaires est également régulièrement critiqué localement à gauche pour la Nuit du bien commun, un événement caritatif organisé dans plusieurs villes favorisant des associations conservatrices.

Ses investissements se dirigent vers des associations contre l’immigration, anti-avortement, contre « le racisme anti-blanc », contre les hausses d’impôts, ou vers des chaînes Youtube, des influenceurs…

La commission composée de 23 élus lancera une convocation à Pierre-Édouard Stérin pour une audition sous serment. Or, l’année dernière, à deux reprises, le milliardaire a refusé de se présenter devant la commission d’enquête sur « l’organisation des élections en France », installée par les députés de la France insoumise. Le président du groupe socialiste, Patrick Kanner a rappelé que seul le chef d’Etat n’est pas soumis à cette obligation. Pour les autres, il rappelle qu’une commission d’enquête dispose de « pouvoirs coercitifs ».

Se rendre à une convocation d’une commission d’enquête parlementaire est, en effet, une obligation légale dont le non-respect est passible de 7 500 euros d’amende et deux ans d’emprisonnement. À la suite d’un signalement du président de la commission d’enquête de l’Assemblée, Thomas Cazenave (Renaissance), une enquête a été ouverte à l’encontre de Pierre-Édouard Stérin.


Simon Barbarit. Source (Extraits) Public Sénat (lecture libre)


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