De vers, en prose -1

Curiosité, consistant à écrire un même texte en Vers, en Prose…

La nature dans l’homme,
est-ce le mouvement des vagues, la mer bancale

qui se soulève et retombe avec fracas ?

L’oreille interne et ses marteaux,
les bruits du corps, les bruits du monde
et l’orchestre dissonant des sensations ?

Ou la parole intérieure qui ne s’arrête
jamais, qui parle même aux disparus
comme s’ils nous comprenaient encore ?

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La nature dans l’homme, c’est l’anatomie qui n’arrive pas tout à fait à nous résumer. Au bœuf qu’on écorche, au cochon qu’on découpe, au singe qui copule, il faut ajouter le siège des émotions, la région du langage et la bosse du criminel.

La nature dans l’homme, c’est une fougère arborescente, les veines et les artères qui montent la sève au cerveau. C’est la station debout et l’équilibre instable, le plancher des vaches qui devient le pont d’un navire, la mer qui penche et les vagues qui s’inclinent.

L’avenir dont on fait le tour en imaginant notre absence. Et la parole vaine, la parole intérieure qui ne s’arrête jamais.


Gérard Macé. Recueil « Silhouette parlante ». Ed Gallimard


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