Commerce, commerce et…

… encore du commerce

La 31 édition du Trophée des champions 2025 se tient au Koweït, jeudi 8 janvier, entre le Paris Saint-Germain et l’Olympique de Marseille (19 heures, Ligue 1 +). Depuis 2009, ce match opposant le champion en titre au vainqueur de la Coupe de France – le PSG ayant réussi le doublé au terme de la saison 2024-2025, il affronte le deuxième de la L1 – se déroule à l’étranger. Une stratégie de délocalisation mise en place par la Ligue de football professionnel (LFP) pour des raisons purement financières et promotionnelles, loin de satisfaire tout le monde.

Après le Canada en 2009, ce match de gala a été organisé pêle-mêle en Chine (2014, 2018 et 2019), en Tunisie (2010), au Maroc (2011 et 2017), aux États-Unis (2012), au Gabon (2013), en Israël (2021 et 2022) ou encore au Qatar (2024). Sur cette période, la rencontre ne s’est jouée que deux fois en France à Lens (2020) et au Parc des Princes (2023). C’est la première fois que le Koweït accueille, ce qui est devenue une véritable vitrine commerciale pour le football français.

Un produit commercial qui répond à un appel d’offres

« Ce match revêt un enjeu de notoriété et de développement international important pour la LFP en mettant aux prises les deux meilleures équipes de la saison dernière sur un marché étranger, explique Christophe Lepetit, économiste au Centre de droit et d’économie du sport, à Limoges. Les droits télé internationaux annuels ont quasiment doublé, passant de près de 80 millions en 2024 à 160 millions aujourd’hui. Et la Ligue à l’ambition de poursuivre cette augmentation. »

À côté de cette recherche de visibilité internationale, la délocalisation de ce match obéit à une logique financière. « L’autre enjeu est financier bien sûr, car le Trophée des champions est un produit commercial, précise Christophe Lepetit. Il y a un appel d’offres, des discussions pour proposer cette rencontre de prestige. Faisant partie des cinq grandes Ligues en Europe (la France est 5e, NDLR), la LFP suit cette tendance de délocalisation de cette rencontre pour exister face à la super-Coupe d’Espagne ou celle d’Italie. »

Pour décrocher la timbale, le petit État du golfe Persique a en effet mis 3,5 millions d’euros sur la table, plus les frais annexes d’organisation, afin de remporter la mise face à la Côte d’Ivoire et Oman, également candidats. […]

Boycott des supporters de chaque club…

En France, cette délocalisation ne passe pas. À commencer par l’entraîneur italien de Marseille, qui a donné son point de vue le 3 janvier. « La super-Coupe de France, la super-Coupe d’Italie, la super-Coupe d’Espagne, peu importe, devraient se jouer dans le pays concerné, devant les supporters concernés. (…) C’est une logique économique et j’y suis opposé », a clairement signifié Roberto De Zerbi.

Les fans de chaque club, affichent la même désapprobation. […]


Nicolas Guillermin


Une réflexion sur “Commerce, commerce et…

  1. rblaplume 07/01/2026 / 17h13

    Ce n’est plus du sport. La logique marchande gangrène les compétitions. Les joueurs sont « trimbalés » d’un point à un autre. Les supporters sont méprisés.
    Je soutiens cette forme de boycott de ne pas se rendre sur place pour les supporters. Il faudrait étendre ce « non-soutien » à la retransmission télévisée !
    Pas de téléspectateurs !
    Pour quelques dollars de plus on est prêt à tout. « Le veau d’or est toujours debout »
    RBLAPLUME

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