Ce mal qui monte

« Masculinisme »

La France vit une radicalisation « massive, tangible et largement sous-estimé ». Ainsi, 10 millions de personnes partagent désormais « une grande partie des idées qui constituent l’idéologie masculiniste ». C’est l’alerte sonnée par le Haut Conseil a l’Égalité (HCE) dans son rapport annuel sur l’état des lieux du sexisme en France, publié mercredi 21 janvier 2026.

En ce début 2026, l’instance n’est pas la seule à s’inquiéter du phénomène : la délégation aux droits des femmes au Sénat poursuit ses travaux sur sa « montée en puissance », et plusieurs livres dénoncent ses conséquences.
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Contrairement à ce que la symétrie étymologique pourrait laisser penser, le masculinisme n’est pas le pendant masculin du féminisme, mais un « courant défendant la thèse que les hommes vont mal a cause des femmes. Il prône un « retour »à la virilité, a la masculinite dite conventionnelle (force, action, courage, compétition, violence, domination du »sexe oppose ») et cherche à freiner ou à faire reculer le processus d’émancipation des femmes », détaille Francis Dupuis-Deri, professeur de sciences politiques à Montréal et auteur de « la Crise de la masculinite. Autopsie d’un mythe tenace » (Points, 2022).

Qui ajoute : « Ces discours ont toujours existé. Au IIe siècle avant notre ère, Caton l’Ancien assurait que les femmes écrasaient les hommes parce qu’elles voulaient conduire des chars ».

Rien de nouveau sous le soleil du patriarcat ?

Pas tout à fait. Cette idéologie « s’inscrit aujourd’hui dans un contexte favorable : la montée des extrêmes droites, le backlash post-#MeToo et le contrôle des réseaux sociaux par des hommes qui valident ces idées, comme Elon Musk et Mark Zuckerberg, eux-mêmes encouragés par Donald Trump », décrypte Laura Verquere, chercheuse en sciences de l’information et de la communication, a Sorbonne Université, spécialiste des masculinites.

C’est dans ce contexte réactionnaire, saupoudre de complotisme qu’aujourd’hui 60 % des hommes estiment « exagérées » les revendications des féministes ; 17 % pensent que, lorsqu’une femme dit non a un rapport sexuel, on peut l’en convaincre quand même et 24 % jugent celles qui ont eu de multiples partenaires incapables de s’attacher durablement ensuite.
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En 2022, l’artiste Typhaine D participe à un débat sur le sexisme dans la langue française pour le média en ligne Le Crayon. Dans la foulée, elle revoit près d’un million de messages de haine : « Des »ferme ta gueule », « retourne à la cuisine », des appels au viol, a la torture et au meurtre… Et ce, pendant des années, par vagues. » Dans le métro, des hommes la reconnaissent, l’insultent et la menacent dans le creux de l’oreille. Diagnostiquée en état de stress post-traumatique, Typhaine D porte plainte.

En septembre dernier, neuf de ses agresseurs sont condamnés. Des « Messieurs Tout-le-Monde » qui, pour la plupart, ne demandent pas « pardon » : « Je reçois encore des « dick pics » (photographies de penis), mais moins de menaces. Ce qui, en soi, est un progrès. »
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Très courts extraits d’un article signé Louise Auvitu et Barbara Krief.
Le Nl Obs N° 3201. 22/01/2026

L’avis de B.H.

Encore un haut conseil qui a besoin de faire croire à son utilité.
C’est sûr que si on ne fréquente que l’extrême droite, on peut avoir ce genre d’opinion.
La médiatisation a ses avantages et en corolaire ses inconvénients.
Pour le million de messages ça me paraît exagéré.


2 réflexions sur “Ce mal qui monte

  1. raannemari 30/01/2026 / 14h41

    Oui mais attention, ça va changer maintenant qu’UN buste de femme trône au parlement belge dans la galerie des chefs de gouvernement. Les masculinistes n’ont qu’à bien se tenir 🙂

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