Rêver d’une réalité

Dans mon état second, s’entrelace un tourbillon d’émotions. C’est un moment suspendu où le temps semble s’évanouir, ouvrant la voie à une réflexion profonde sur mes craintes, sans pour autant négliger la réalité de l’existence.

Quand le réel se brouille, que les contours du monde se dissolvent, quelque chose en moi demeure intact. C’est mon propre cœur, silencieux et têtu, qui continue de battre.

Dans l’état second, je vacille entre pensées, souvenirs, émotions sans nom. Je me regarde agir comme si j’étais un autre, dédoublé, suspendu entre veille et rêve. Pourtant, sous ce voile, persiste une évidence : une pulsation ancienne, antérieure à toutes mes fuites.

Mon cœur n’est pas seulement organe, mais mémoire de ce que j’ai été avant les blessures, avant les renoncements. Il rappelle l’enfant, le désir initial, la promesse de devenir et un rappel à l’ordre, une sommation de revenir à moi.


Michel


Au cœur de mon état second
bat mon cœur
le premier

Paul Valet. Recueil : « Que pourrais-je vous donner de plus grand que mon gouffre ». Ed. La Dilettante.


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