Sam Altman, le PDG d’OpenAI, a réussit à convaincre des investisseurs de miser plus d’un millier de milliards de dollars jusqu’en 2030 pour entraîner ses IA. Cette course folle aux financements soulève des interrogations sur la viabilité économique de ce modèle.
Ce début de semaine, les boursicoteurs ont épongé une goutte de sueur, pris une grande inspiration, puis se sont rassurés en estimant qu’il s’agissait d’un « rééquilibrage ». C’est que vendredi, le Nasdaq, marché où sont cotées les entreprises technologiques, a perdu 1 000 milliards de dollars, du fait de quelques entreprises de l’IA, dont 350 milliards pour Nvidia seule…
Il y a encore deux ans, ce concepteur de puces était grandement inconnu, mais il fut la première entreprise à dépasser les 4 000 milliards de dollars, puis les 5 000, de capitalisation (deux fois le CAC 40 et bien plus que le PIB français). Palantir, qui conçoit des IA de surveillance et militaires, et OpenAI, créatrice de ChatGPT, malgré une chute, pèsent chacune autour de 500 milliards de dollars.
Microsoft, Nvidia et OpenAI s’enrichissent ensemble grâce à l’IA
Pour se rendre compte de l’immensité des sommes en jeu, rappelons qu’il y a vingt-cinq ans, lors de l’éclatement de la bulle Internet, le Nasdaq avait perdu au total 145 milliards de dollars. « La survalorisation des entreprises de l’IA est gigantesque, surtout lorsqu’on voit qu’OpenAI a perdu 12 milliards rien que ce dernier trimestre », s’exclame Pierre-Yves Gosset, auteur de conférence sur l’IA.
« Il n’y a pas de modèle économique pour l’IA générative, pourtant, on nous en impose partout sans nous demander nos avis, dans nos smartphones, dans les réseaux sociaux, dans nos outils de travail… Et cela sert à entretenir cette bulle. » Ce qui renforce l’effet de bulle est l’interdépendance forte entre tous ces acteurs. L’écrasante majorité du chiffre d’affaires de Nvidia ne repose que sur six clients, Microsoft en tête.
Aux dépendances commerciales entre ces entreprises s’ajoutent des liens capitalistiques : OpenAI repose quasi intégralement sur les data centers de Microsoft. Cette dernière détient 27 % du capital d’OpenAI et achète ses puces à Nvidia, qui, elle-même, investit 100 milliards de dollars dans OpenAI. Nvidia n’a d’ailleurs qu’un seul fabricant pour les puces qu’elle conçoit : TSMC, dont la capitalisation s’est aussi envolée à plus de 1 000 milliards de dollars en profitant de l’euphorie sur l’IA.
Les géants de la tech misent gros sur l’IA au détriment des salariés
Tout ce petit monde tient sur la capacité de Sam Altman, patron d’OpenAI, de convaincre des investisseurs de mettre toujours plus d’argent au pot. Les commandes passées par son entreprise juste pour entraîner et maintenir son intelligence artificielle générative jusqu’en 2030 dépassent les 1 000 milliards de dollars.
« C’est quand on va se rendre compte que le roi est nu que la bulle éclatera, et ce sont les travailleurs qui vont trinquer, prédit Pierre-Yves Gosset. Et il ne restera que les plus gros. » Les Google, Amazon et Microsoft ont déjà survécu à la bulle Internet et se sont imposés comme les acteurs incontournables pour l’hébergement et l’entraînement de modèles d’IA générative, même le français Mistral ne peut faire sans eux.
« À qui appartient l’outil de production ? Aux Gafam, rappelle encore Pierre-Yves Gosset. Et ils nous feront payer ce qui est gratuit ou quasiment aujourd’hui au vrai prix. Et ce sera très très cher. »
Pierric Marissal Source
Pour l’instant, à part quelques domaines très restreints, l’IA à plutôt montré moins d’efficacité que les humains. Notamment dans tout ce qui est opérationnel et demande de tenir compte d’aléas (délais de livraison par exemple). Quant aux voitures téléguidées par IA ça marche tellement bien que les constructeurs (Tesla et d’autres) ont mis le projet en sommeil.
Oui du dit bien Bernard… Pour l’instant…
Rappelons-nous l’arrivée des robots notamment chez Renault et les licenciements puis fermeture complète en 1992 de l’usine de Billancourt.
Rappelons-nous que dans bien des domaines industriels les spécialisations professionnelles ont disparues remplacées par des robots…
Robots déclassant de fait les ouvriers qualifiés et vite remplacer par de la main d’œuvre non qualifiée rémunéré bien moindre…
Michel