Entre impopularité record, majorité vacillante et budget en péril, le Président tente de sauver ce qu’il peut d’un second mandat qui n’en finit plus de s’étioler au rythme de sa chute dans les sondages, constate le directeur du « Canard », Erik Emptaz.
Macron devait faire de la fin de vie la grande et principale réforme sociétale de son second quinquennat. C’est raté. Dans les rebondissements gouvernementaux et parlementaires du moment, le sujet, qui devait être débattu cet automne, a été renvoyé à des jours meilleurs, c’est-à-dire dans longtemps. Et, si Macron ne s’en est pas montré chagriné, c’est évidemment que, pour l’heure, c’est par une autre finitude qu’il est préoccupé. La fin de vie, très bien, mais, avec une cote de confiance descendue à 11 %, le sujet de la fin de règne passe avant.
C’est même, le concernant, un souci de tous les instants. Il est bien loin, le temps de Jupiter omnipotent ; le Président, qui avait tous les pouvoirs en main, a perdu la main. Perdu aussi, du même coup, nombre de ses thuriféraires et de ses courtisans, dont beaucoup n’hésitent plus à le dézinguer ouvertement. Depuis sa dissolution fatale de 2024, la malédiction du second mandat n’a cessé, et pas seulement pour lui, d’empirer, et ce qui lui restait de popularité de se déliter. 11 % de confiance, c’est surtout 89 % de défiance, ce qui rend plus que hasardeux les moyens, quels qu’ils soient, de revenir dans le jeu.
Même la politique étrangère, son domaine réservé, n’est plus l’échappatoire qui lui a longtemps réussi. Trump, Poutine et Xi occupent les médias et le tapis, lui laissant moins de place. Et, même s’il intervient, l’effet est de courte durée. Il doit très prochainement s’absenter de l’Elysée pour s’envoler vers le Brésil, le Mexique, puis l’Afrique du Sud, ce qui lui fera sans doute une bouffée d’air, mais sûrement pas une remontée de popularité, alors que le budget risque de ne pas être voté dans les temps.
Pour ce qui est de la situation intérieure, ce n’est pas lui non plus qui est au premier plan. Même s’il feint de l’avoir choisi en répétant que, sur la politique nationale, il « lâche le manche » ou « lève le pied », c’est selon, il a surtout grand mal à reprendre la main. Même son sommet Choose France, censé vendre l’attractivité du pays et celle de son président, qui aura lieu le 17 novembre, a réduit sa voilure, en étant réservé aux investisseurs et aux entreprises tricolores. Les ors du château de Versailles seront remplacés par le parquet de la Maison de la chimie. Mais, avec les discussions sur une « surenchère fiscale » qui ne manquera pas de lui être reprochée par les invités, l’ambiance est assurée.
Où qu’elle ait lieu, la moindre intervention de la part de Macron peut aggraver la situation. Celle, fragile, de Lecornu, Premier ministre qu’il a choisi et dont il a pu mesurer la loyauté, mais par lequel il s’est fait remettre en place pour avoir parlé de « décalage » plutôt que de « suspension » de la réforme des retraites. Mais celle, également, des débats parlementaires pour le moins agités sur le budget et la fiscalité, qu’un rien semble pouvoir enflammer. Le tout, toujours sans budget, avec un gouvernement nullement à l’abri d’être renversé et avec un RN qui, malgré ses errances budgétaires, continue de faire la course très en tête dans les sondages…
Il lui reste encore du temps. Mais on conçoit aisément que la fin du mandat de Macron soit un vrai sujet, et pour lui et pour le pays. Ce n’est ni la fin du monde ni la fin de vie, mais elle ne signifiera pas forcément, pour autant, la fin des ennuis.
Éditorial d’Erik Emptaz – Canard enchainé du 05/11/2025
11% d’avis favorables. Moins que Hollande. Il faut dire qu’à part enrichir les milliardaires il a échoué sur tout. Sous sa présidence la France s’est appauvrie les industries ont massivement fermé et le chômage contenu uniquement grâce au secteur des services au prix de baisses de charges drastiques qui mettent en péril notre système social. Quant à son cheval de bataille, les retraites, c’est la Berezina. Son projet était mal ficelé et il a tellement accepté d’exceptions, sans cohérence, que son projet est devenu ridicule et s’est réduit à allonger de 2 ans la période de travail. Sur laquelle s’est precipitée la gauche sans prendre conscience que c’est la survie du système qu’elle met en jeu.