Donald Trump « inonde de merde » la presse depuis son élection pour instaurer un « contrôle par le chaos » (Réflexions de journalistes après la séance de questions face a la presse dans l’Air Force One le 29 juillet 2025). Le président américain cherche à « saturer l’attention des médias et des citoyens » avec ses outrances à répétition, analysent les chercheurs contactés par « Le HuffPost ».
Même ses adversaires en conviendront : Donald Trump est un redoutable communicant. Le président américain, impose un rythme intense aux médias et à ses opposants, rendant le suivi de l’actualité difficile.
Ces déclarations peuvent paraître désordonnées, mais elles font partie d’une stratégie conçue par le conseiller populiste Steve Bannon : « Inonder la zone de merde. »
« L’objectif est de saturer l’attention des médias et des citoyens en les noyant dans une multitude de sujets », explique au HuffPost Lauric Henneton, maître de conférences à l’Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines.
Des propos viraux parce qu’ils suscitent « colère » et « indignation ».
Jérôme Viala-Gaudefroy, docteur en civilisation américaine, explique que Donald Trump utilise le chaos comme une stratégie pour éviter des sujets difficiles, comme l’économie, notamment lors d’interviews. Les journalistes et les opposants démocrates peinent à suivre ses nombreuses déclarations, exacerbées par des menaces récentes contre l’Ukraine et la Colombie, ainsi qu’une vidéo controversée.
Les élucubrations de Donald Trump trouvent en effet leur public sur les réseaux sociaux.
« Les effets ne sont pas à la hauteur du bruit initial »
Les experts, dont Lauric Henneton et Jérôme Viala-Gaudefroy, soulignent les limites de la stratégie d’« inondation » de Donald Trump, qui ne produit pas les effets escomptés et est perçue comme une « fuite en avant perpétuelle ». Ils notent que l’impact à long terme de ses discours pourrait s’avérer faible, surtout auprès de ceux peu informés.
De plus, la communication trumpiste fait face à des enjeux légaux, avec des groupes d’intérêts qui peuvent contester des décisions jugées illégales. Les rétropédalages de la Maison Blanche sont moins couverts médiatiquement et reçoivent moins d’attention que les annonces marquantes.
Un danger pour la démocratie américaine ?
La justice a multiplié les recadrages depuis janvier face aux actions de Donald Trump, qui soulèvent des questions sur la légalité. Les spécialistes, comme Jérôme Viala-Gaudefroy, soulignent que sa stratégie teste les limites de la Constitution.
Selon lui, Trump utilise des annonces polémiques comme des tests pour voir où se trouvent les lignes rouges. Il n’hésite pas à se poser en victime si les juges le réprouvent. Lauric Henneton compare l’administration Trump à un élastique qui, une fois étiré, ne peut revenir à son état initial.
L’impact de cette « inondation » sur la démocratie américaine reste incertain, mais Trump peut compter sur son électorat MAGA, qui est attiré par ses provocations.
Pour maintenir leur pouvoir, les républicains doivent élargir leur base au-delà des convaincus, avertit Lauric Henneton, tandis que les provocations de Donald Trump pourraient fatiguer l’électorat modéré, qui pourrait se concentrer sur des résultats économiques fort mitigés.
Synthèse d’un article de Maxime Dhuin. HuffingtonPost Source (lecture libre-Voir l’original)
On peut aussi se demander si Trump n’est pas tout simplement un malade mental, exacerbé par le sentiment de toute puissance que lui donne sa fonction. Un mégalomane dangereux comme la politique en a tant produit.