… les gouvernements – notamment français –
développent depuis des années
un narratif contre les étrangers !
La Ligue des droits de l’homme (LDH) lance une campagne pour défendre les droits et libertés fondamentaux, l’État de droit, le droit international, qui nous protègent tous à l’heure où les discours politiques ambiants font que les groupuscules d’extrême droite se sentent « pousser des ailes ».
Nathalie Tehio, présidente de LDH.
On voit bien que le discours ambiant fait que les groupuscules se sentent pousser des ailes, entonnent des chants nazis dans la rue, parfois tapent, profèrent des injures racistes, homophobes, antisémites. Ces propos infusent et ont un effet sur les personnes les plus fragiles, qui passent à l’acte, comme on l’a vu pour le meurtre d’Aboubakar Cissé dans la mosquée de La Grand-Combe (30).
- En quoi la protection que fait mine d’offrir l’extrême droite aux plus faibles est-elle une supercherie ?
L’extrême droite défend une politique d’exclusion. Cela commence par les étrangers, puis cela s’étend aux femmes, dont les droits sexuels et reproductifs sont menacés, aux personnes LGBT, aux chercheurs qui pensent trop librement, aux avocats parce qu’ils défendent des causes… Et ainsi de suite.
Ces politiques d’exclusion portent atteinte à l’État de droit, à la possibilité de faire valoir les droits humains et les libertés fondamentales qui ont une valeur supérieure à la loi. Ce que recherche l’extrême droite c’est, une fois arrivée au pouvoir, d’avoir tout pouvoir.
- Comment travaille-t-on les consciences pour faire reculer les discriminations et actes de haine ?
C’est toute la difficulté. Nous avons beau alerter contre le péril raciste, se développe de la part du gouvernement depuis de trop nombreuses années un narratif contre les étrangers. Une partie de la droite ne cesse de courir après l’extrême droite. Sont désormais communément admis les contrôles d’identité, même illégaux, pour rechercher les personnes en situation irrégulière. Cela entraîne des contrôles au faciès : c’est parfaitement illégal.
Les propos tenus depuis vingt ou trente ans infusent. Les allocutions se sont durcies, y compris sur la justice, comme lorsque est proposée une prison pour les étrangers irréguliers à Saint-Pierre-et-Miquelon. Il y a toute une rhétorique hyper-sécuritaire qui ne prend pas en compte les droits et libertés. Sans résultats sur la sécurité, d’ailleurs.
C’est du pur affichage. Mais l’on peut compter sur des résistances au niveau local pour lutter contre les discours discriminants.
Source LDH