Lois mal parties des maisons malveillantes qui se frayent mauvais chemin par toutes les complications factices — Refus d’obéir à ceux qui touchent au chiendent de la vie du matin au soir et qui n’en finissent plus — Refus d’obéir à l’impuissance et chapeaux-bas devant les képis et les casques — Je refuse d’entamer le travail de nulle part pour mille parts avec uniquement pour matière d’exister trois sourires par an et le reste gros de larmes — Je refuse tous vos oui tous vos non pour la moindre construction prénatale post-natale — Tout l’Orient l’Occident des fourmis volantes — Je le nie — Je refuse d’accepter ce qui me contemple avec haine et vilaine compassion — Infirme je le suis —Mon cerveau est malade — Je refuse vos remèdes et vos trous vos égouts et vos bancs des hospices — Je refuse d’être valide pour vos camps de vacances — vos exigences vos indulgences — Non, je dis et répète à vos satiétés à vos sociétés des nains aux piqûres pour grandir et grossir et sauver votre crasse de la mort — Il fut un temps où j’obéissais en bonne et due face — À présent c’est fini englouti dans le cloaque du mal-être — Tout finit par finir — disent les sages doctopeurs d’ennui — Tout guérit pour maudire — disent les mages et prêcheurs — Je refuse d’être couché quand je veux être debout — Je refuse d’être debout quand je veux être couché — Je refuse la tenue — Je refuse poésie cul-de-poule — Accepter c’est crever — J’aime le vent et le temps mauvais et tempête et la mer démontée et la terre ravagée Par vous autres acceptants — Contre le ciel — je ne puis rien — Je refuse refuser — Mais pour ce qui reste ? — Je refuse d’accepter — Je refuse tête haute et tête basse et les doigts crochus et les reins épuisés — Je refuse d’obéir aux lois de la ville pénicrotte-multibotte-unifrotte — Je refuse d’obéir à la mort trop humaine par grenades embuscades croisades — Fou je le suis — Dur, je le suis — Je refuse d’obéir au malheur d’exister — Je refuse, d’obéir à l’obéissance.
Paul Valet. « Que pourrais-je vous donner de plus grand que mon gouffre ». Ed. La Dilettante