Poème 83/89

Des escaliers montent au ciel
D’autres cherchent le fond des choses
Partout la musique du vent
L’appel des anciens
Le bruit de l’étoffe qui se déchire
Le rire des enfants qui empruntent l’échelle du temps
La douleur apaisée
Puis le feu du soir
Pour ranimer le feu
D’une âme fatiguée.

Cette pluie est une promesse de verdure
Un attelage fou improbable
Une bonté du ciel qui accumule les paroles
La terre reconnaissante
Les hommes absents
Et les femmes rompues à la tâche
Les saisons sont à leur place
Elles sont arrivées par le train de neuf heures
Elles ont mis de l’ordre
Dans l’égoïsme des hommes
Mettant un peu de sagesse
Dans le fleuve de la rapacité humaine.


Tahar ben Jelloun. Recueil « Douleur et lumière du monde ». Ed. Gallimard


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