… nom, pas la mienne, je n’aurais jamais cette prétention, celle de P. Valet.
Les moutons mangent-ils le la viande crue ? — Demande-t-on des pièces de sur-identité au loup galeux ? — Bon gré mal gré pas de pedigree — À bas la percée des montagnes ! Terminus !
J’ignore qui je suis — La police le sait mieux que moi — « Vos papiers s’il vous plaît » — Identité non signifiée — Papiers et papiers à peine ratifiés Je suis dans un monde qui me regarde stupéfait. Plein de fêlures de fissures — Que je suis menu dans ici-bas imposant — On prépare des fusées plus funestes — On prépare des ogives plus célestes
Voici la tempête qui se lève de nouveau sans qu’on sache pourquoi ni ce qu’elle va pulvériser —Affaire sur Affaire et la hâte sur la hâte — J’ai repensé l’impensable — Aurai-je le temps de crier ? — D’un profond sommeil je sors écrasé — Quoi de plus simple que les yeux sans visées ?
Mais non — Rien n’est simple —Tout est pourri d’insoluble — Et quand le bonheur découvre son visage, mon Dieu, est-ce vraiment un visage ? — Ou une cagoule ? — Et mon visage à moi — Est-ce vraiment un visage à moi — ou celui d’un autre naufragé inconnu ? — Jamais, je n’ai vu mon visage plus étrange.
Paul Valet. Recueil : « Que pourrais-je vous donner de plus grand que mon gouffre ? ». Ed. La Dilettante