Non, la planète ne tourne pas exclusivement autour des États-Unis première puissance mondiale – et des Occidentaux.
C’est en substance le message qu’entend faire passer la Chine avec son sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS). Le premier depuis le retour à la Maison Blanche de Donald Trump, auquel participent, entre autres invités de poids, les dirigeants russe, indien et turc, réunis autour du Chinois Xi Jinping.
Une vitrine surtout
Symboliquement, l’image la plus forte sera celle de la grande parade militaire, mercredi à Pékin. Censée célébrer les 80 ans de la fin de la Seconde Guerre mondiale, elle prendra indéniablement la forme d’une démonstration de force : avec un défilé au cordeau, et dans la tribune officielle, le leader nord-coréen, Kim Jong Un.
Plus qu’à des résultats tangibles incertains, les experts incitent à prêter attention à l’effet de vitrine du rendez-vous. Une photo de famille et la signature de documents, dont une déclaration et une stratégie de développement sont programmées dès lundi matin (heure locale) à Tianjin, la mégapole portuaire du nord et signe extérieur de vitalité économique.
« La large participation témoigne de l’influence grandissante de la Chine et l’attraction exercée par l’OCS pour les pays non-occidentaux », estime néanmoins Dylan Loh, enseignant à la Nanyang Technological University de Singapour.
Contrepoids de l’Otan
La venue de Vladimir Poutine — pourtant sous le coup d’un mandat d’arrêt international affirme son retour dans le jeu diplomatique après son récent déplacement en Alaska pour le sommet sur l’Ukraine au côté de Donald Trump. De même, la présence inédite depuis 2018 du Premier ministre indien, Narendra Modi, signe l’effort de rapprochement entre les deux géants asiatiques. Engagés dans une rude compétition régionale, la Chine et l’Inde ont déjà souligné l’intérêt de coopérer.
Le sommet de l’OCS – décrit comme le plus important depuis sa création en 2001- a, en outre, lieu dans un contexte de crises multiples touchant directement ses membres : confrontation commerciale avec les États-Unis, guerre en Ukraine où querelle nucléaire iranienne. L’organisation est volontiers présentée comme faisant contrepoids à l’Otan, l’alliance politico-militaire de l’Atlantique nord.
Mais elle regroupe aussi des membres aux rapports délicats, aux intérêts antagonistes et aux systèmes divergents. Forte de 10 États membres et de seize pays observateurs ou partenaires, l’Organisation de coopération de Shanghai rassemble néanmoins presque la moitié de la population mondiale et 23,5 % du Produit intérieur brut (PIB) de la planète.
Article non signé lu dans la presse.
C’est l’alliance de la carpe et du lapin. L’inde est en conflit permanent avec la Chine pour le contrôle des hautes vallées de l’Himalaya. Quant à la Chine elle n’a jamais reconnu la frontière entre la Mandchourie et la Sibérie. Poutine tout comme Modi savent très bien que la Chine ne renonce jamais. C’est une alliance temporaire qui a mis sous le tapis la poussière, mais Xi compte bien sortir l’aspirateur le moment venu.