Estivant radin ?

Les touristes étaient au rendez-vous cet été dans l’Hexagone,
mais apparemment moins dans les restaurants.

Les chiffres ne sont pas encore consolidés, mais selon les principaux syndicats professionnels, la baisse de fréquentation dans les établissements serait de 10 à 25 % par rapport à la saison estivale 2024, qui n’était déjà pas très bonne. Avec des situations très disparates entre certains qui ont tout de même tiré leur épingle du jeu, des régions comme la Provence-Alpes-Côte d’Azur qui ont été moins affectées et les gastronomiques qui ne sont pas soumis aux mêmes réalités.

Les prix, premier déterminant

« La clientèle française a fait attention à son budget. Là où il y a de la clientèle étrangère, ça a été moins mauvais », pointe Catherine Quéart, présidente du GHR (Groupement des hôtelleries et restaurations de France). « En vacances, il y a le logement, les loisirs et la restauration. Cet été, par manque de pouvoir d’achat, les Français ont privilégié les deux premiers et ont davantage mangé sur le pouce ou pique-niqué », analyse Franck Chaumés, président de la branche restauration à l’Umih (Union des métiers et des industries de l’hôtellerie).

La flambée des prix, c’est en effet la première raison de la désaffection des Français pour s’attabler à l’extérieur. « Il y a eu moins de restaurants au programme car les prix sont trop élevés », appuie Bano, 66 ans (Bas-Rhin). « Les prix ont augmenté de près de 50 % en 4 ans et la plupart des restaurants ne proposent plus de menus, mais imposent des plats à la carte qui sont propo­sés au prix fort. Pourtant la TVA est à 5,5 %… », s’agace Jean, 76 ans, de Metz. Régine, 66 ans (Haut-Rhin) « aimerait bien aller de temps en temps au restaurant », mais avec sa petite retraite, il ne lui reste plus rien en fin de mois « une fois toutes les factures

payées ». Rémy, 48 ans, de Nancy résume le sentiment général : « Ce n’est plus un plaisir, c’est un luxe. » Beaucoup de nos témoins comprennent tout de même que le secteur est lui-même contraint par l’augmentation de ses dépenses.

À la place, du vrai fait maison

Au-delà de l’inflation et du coût de la vie, ce qui ressort de notre appel à témoignages, c’est le rapport qualité-prix, que nos lecteurs jugent sévèrement, et pas seulement depuis cet été. « C’est trop cher pour manger des plats tout ce qu’il y a de plus banal et on n’a trois fois rien dispersé dans l’assiette », souligne Arkadia, 89 ans (Ardèche). Thierry, 66 ans (Strasbourg), voit un vrai « manque de transparence » sur « la qualité des produits » et le « fait maison ». Jean-Luc, qui ale même âge et vit à Morteau (Doubs), est « moins allé au restaurant cet été » car il trouve que « la qualité de l’accueil a baissé ».

Face à ces déceptions et surtout un portefeuille contraint, à chacun sa solution. Pendant ses vacances, Marie-José, 70 ans (Annemasse) fait « davantage de pique-niques ». Au quotidien, ils sont nombreux aussi à préférer cuisiner chez eux : « Vu le prix des restaurants, on peut se faire un petit repas de qualité à la maison », glisse André, 67 ans, de Jettingen (Haut-Rhin).

Alexis, 59 ans, préfère lui aussi faire des dîners dans son domicile d’Annecy : « Je préfère me faire plaisir en achetant de bons produits et en recevant des amis chez moi. » Pour le Strasbourgeois Julien, 50 ans, c’est vraiment une question de santé : « J’ai été moins au restaurant car j’ai envie de manger sain, sans huile de tournesol à tout-va. »


Le Dauphiné 06/09/2025


Une réflexion sur “Estivant radin ?

  1. bernarddominik 08/09/2025 / 11h42

    Les restaurants ont énormément augmenté leur prix, et en bord de mer c’est 20% de plus qu’en 2024.

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