Petitesse et communauté

Il est dans la nature humaine de juger,
d’observer les défauts et les faiblesses d’autrui.

On se surprend parfois à pointer du doigt la mesquinerie, la jalousie ou l’étroitesse d’esprit de son voisin. Pourtant, à l’instant où l’on s’attarde sur la petitesse des autres, un étrange vertige peut s’emparer de nous : celui de découvrir, en miroir, notre propre petitesse.

Elle rappelle que l’observation critique de l’autre n’est jamais neutre. En effet, pour reconnaître la petitesse chez autrui, il faut en porter soi-même la connaissance, voire l’expérience. Cela suppose que nous ne sommes pas étrangers à ces mêmes travers que nous croyons percevoir chez les autres.

Le vertige naît de cette prise de conscience.
Il s’agit d’un malaise, d’une inquiétude face à notre propre humanité, à nos propres faiblesses. Nous réalisons que la frontière entre le jugement porté sur l’autre et l’aveu de nos propres limites est ténue. En nous penchant sur la petitesse des autres, nous risquons de tomber dans l’abîme de notre propre imperfection. Le regard que nous portons sur autrui devient alors un miroir, reflétant nos propres insuffisances, nos propres contradictions.

Cette réflexion est salutaire. Elle nous invite à l’humilité, à la compréhension, et à la bienveillance. Plutôt que de condamner la petitesse chez l’autre, il s’agit de reconnaître notre commune humanité, faite de grandeurs et de faiblesses.
En fin de compte, contempler la petitesse des autres, c’est aussi accepter la nôtre


Divagation autour des vers de Paul Valet.


« Quand je me penche sur la petitesse des autres
Ma propre petitesse me donne le vertige »


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