Israël et son gouvernement génocidaire

Netanyahou a obtenu le feu vert de son cabinet à la nouvelle étape de sa guerre contre le Hamas : l’occupation de Gaza dont Israël contrôle déjà 75 % du territoire, malgré les critiques internationales.

Que prévoit le plan ?

L’armée israélienne « se prépare à prendre le contrôle de la ville de Gaza », une agglomération en grande partie détruite dans le nord du territoire, « tout en distribuant une aide humanitaire à la population civile en dehors des zones de combat ».

Outre le désarmement du Hamas et le retour « de tous les otages, vivants et morts », le plan vise à démilitariser la bande de Gaza et la placer sous contrôle israélien avant la mise en place « d’une administration civile » qui ne soit « ni le Hamas ni l’Autorité palestinienne ». « Qui va intervenir ? Les armées arabes ? C’est totalement illusoire ! Aucun régime arabe ne va prendre cette responsabilité », pointe Frédéric Encel, géopolitologue et maître de conférences à Sciences Po.

Pourquoi maintenant ?

 « L’agenda de Benjamin Netanyahou est interne, et tient à deux éléments. Le premier est l’émotion liée à la diffusion des images barbares, il y a quelques jours, des derniers otages israéliens, par le Hamas. Le second est politique : Benjamin Netanyahou est sous la pression de ses deux ministres d’extrême-droite, qui menacent de quitter sa coalition, autrement dit, de la faire chuter », analyse Frédéric Encel.

Les otages : quel avenir ?

 Le Hamas a réaffirmé que la décision israélienne signifiait le « sacrifice » des otages encore retenus dans la bande de Gaza. Et en Israël, les familles d’otages, qui manifestent quotidiennement pour réclamer la libération de leurs proches, s’inquiètent-elles aussi.

« Une partie importante de l’establishment civil et militaire israélien pointe l’injonction contradictoire » faite par le Premier ministre : « il n’est pas possible à la fois d’obtenir la libération des otages, le rapatriement des corps des assassinés et de faire capituler le Hamas », note Frédéric Encel.

Quelle réaction de la population israélienne ?

Des voix se font entendre pour protester contre la décision du Premier ministre. Des médias israéliens font état de vifs désaccords entre le chef d’état-major de l’armée et des membres du cabinet de sécurité. Selon le site d’information Ynet, Eyal Zamir a exprimé sa ferme opposition à une prise de contrôle totale de Gaza, qui équivaudrait de fait à une occupation. Il a mis en garde contre les conséquences du déplacement d’un million de Palestiniens vivant dans les zones susceptibles d’être ciblées et contre lés éventuels dommages causés aux otages.

Frédéric Encel distingue deux points : d’un côté, l’hostilité de la majorité des Israéliens à Benjamin Netanyahou « toutes les enquêtes d’opinion, montrent que Benjamin Netanyahou ne retrouverait pas sa coalition en cas d’élection » -, et de l’autre les craintes de la population pour sa sécurité. « Les Israéliens sont exaspérés par la barbarie du Hamas, et craignent que la libération des prisonniers palestiniens ne présente un risque pour la sécurité du paye », note-t-il, ce qui conduit à une « acceptation passive » des choix du gouvernement.


Élodie Bécu. Le Dauphiné. 09/08/2025


2 réflexions sur “Israël et son gouvernement génocidaire

  1. bernarddominik 11/08/2025 / 9h16

    Le hamas ne libérera pas les otages: c’est sa garantie de survie.

  2. raannemari 11/08/2025 / 10h53

    Et le Hamas a raison. Israël ne libère pas les otages palestiniens de ses prisons-centres de torture. Il y meurent, et personne ne s’en émeut.

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