Des télégraphes d’hier…

… a l’ivresse technologique.

On n’est plus au temps des télégraphes certes et pour une partie, nous le regrettons ; car le temps interactif permettait une vie sans précipitations, détachée de contraintes horaires et de productions industrielles. Cette époque, où les échanges se faisaient à un rythme humain, à l’écoute de l’autre, a disparu, laissant place à une frénésie permanente.
La rapidité des communications modernes engendre une pression constante, faisant de la réactivité une exigence presque incontournable.
Pour une autre partie, comment gérer la technologie si rapidement évolutive… sans perdre de vue l’humanité et les valeurs qui nous définissent ?
La présence de technologies avancées dans notre quotidien transforme notre manière de penser et d’agir, mais pose également des questions matérielles, physique, éthiques et sociales essentielles, que nous devons aborder avec soin. MC

La fin des réseaux 2G et 3G, mettent en péril de nombreux équipements

Dès l’année prochaine, les réseaux 2G fermeront puis la 3G entre 2028 et 2029. C’est Orange qui ouvrira la voie en mars, en mettant fin à la 2G d’ici à septembre 2026. Suivront ensuite SFR et Bouygues Telecom fin 2026 et Free Mobile à une date qui n’a pas encore été précisée.

La mesure vise à libérer des capacités pour les réseaux 4G et 5G, plébiscités aujourd’hui mais également moins énergivores et plus sûrs que leurs prédécesseurs. Elle aura cependant des conséquences.

Environ 7,8 millions d’équipements dépendent encore des réseaux 2G et 3G, dont quatre millions pour la seule 2G, selon une étude réalisée par le cabinet PwC en juillet 2024 et citée dans un rapport d’information de l’Assemblée nationale.

Ascenseurs et interphones

C’est•notamment le cas des systèmes de téléalarme des ascenseurs. À un an de l’échéance, plus de 230 000 ascenseurs sont encore équipés en téléalarme avec un système 2G, a rappelé mardi sur RMC Alain Meslier, président de la Fédération des ascenseurs.

120000 dispositifs de téléassistance, qui permettent aux personnes âgées de lancer un contact d’urgence en cas de problème, fonctionnent aussi en 2G, et 180000 en 3G, selon les chiffres communiqués par l’Association française de téléassistance (Afrata) lors d’une table ronde au Sénat en mai. Sont par ailleurs concernés certains systèmes de télésurveillance ou de pilotage du chauffage, les interphones etvisiophones connectés, mais aussi certains dispositifs médicaux et le service de secours d’urgence aux automobilistes eCall.

« Ce n’est pas exhaustif car d’autres secteurs — les réseaux d’eau et d’assainissement, la gestion des flottes de véhicules, les agriculteurs-utilisent beaucoup de 2G et 3G, et il n’existe pas de recensement », regrette Brice Brandenburg, responsable des affaires publiques de l’Alliance des industriels de l’électrique et du numérique dans le bâtiment (Ignes).

Un petit million d’utilisateurs continuent par ailleurs d’utiliser des téléphones compatibles avec la seule 2G. Pour les fédérations concernées, assurer la transition de ces équipements d’ici 2026, relève d’une mission impossible. « Lorsque les dates d’arrêt ont été annoncées, il n’y avait pas d’équipements de remplacement. Il y a toute une phase de développement des produits, et ensuite toute la phase de déploiement, c’est-à-dire qu’il faut aller changer tous les systèmes un par un sur le terrain », souligne Brice Brandenburg, qui plaide pour un report de deux ans.

Le surcoût lié au remplacement des équipements inquiète également : il a été estimé à 685 millions d’euros par l’étude PwC.

Un possible report ?

Alors que la date butoir se rapproche, les négociations sont au point mort. « la migration est déjà bien engagée », affirmait en mai, lors de la table ronde organisée au Sénat, Romain Bonenfant, directeur général de la Fédération française des télécoms.

Auprès du Figaro, le cabinet du ministre de l’Industrie Marc Ferracci indique vouloir s’appuyer sur les retours d’expérience des premiers territoires dans lesquels la 2G sera coupée, dont La Réunion, où c’est le cas depuis décembre 2024. « Si on voit que c’est une catastrophe industrielle, les pouvoirs publics prendront leur responsabilité et demanderont aux opérateurs de retravailler leur plan de migration », indique son entourage.


Cyrielle Thevenin. Le Dauphiné. 20/08/2025


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