La justice s’intéresse de nouveau à Bertrand Cantat, 22 ans après sa condamnation pour le meurtre de Marie Trintignant à Vilnius (Lituanie).
Le parquet de Bordeaux a annoncé jeudi la réouverture d’une enquête « sur d’éventuels faits de violences volontaires » commis par le chanteur de Noir Désir avant la mort de son ex-épouse Krisztina Rady, retrouvée pendue au domicile conjugal à Bordeaux, le 10 janvier 2010.
Cette décision fait suite à la diffusion d’un documentaire de Netflix sur l’icône rock française. La série en trois épisodes, intitulée Le Cas Cantat et diffusée depuis le printemps, contient « plusieurs affirmations et témoignages ne figurant pas » dans les quatre procédures déjà ouvertes sur les circonstances de la mort de Krisztina Rady, toutes classées sans suite, a précisé le procureur de la République de Bordeaux, Renaud Gaudeul.
Un Infirmier apporte de nouveaux éléments
Selon Yael Mellul, ancienne avocate du dernier compagnon de Krisztina Rady, le témoignage anonyme d’un infirmier dans le documentaire Netflix est un « élément nouveau » qui « corrobore le fait que Krisztina Rady était victime de violence conjugale ».
Cet infirmier affirme qu’elle était passée aux urgences « suite à une altercation avec son compagnon, une violente dispute » avec « décollement du cuir chevelu et des bleus, des hématomes », survenue « après Vilnius, quand Bertrand Cantat est retourné s’installer dans leur domicile familial ».
En 2013, dans un livre-enquête, Bertrand Cantat Marie Trintignant : L’amour à mort, deux journalistes, Stéphane Bouchet et Frédéric Vézard, évoquaient un message de détresse laissé par Krisztina Rady sur le répondeur de ses parents.
Elle y évoquait « l’enfer » que lui faisait vivre le père de ses enfants.
Yael Mellul assure avoir elle aussi « de nouveaux témoignages à transmettre au parquet de Bordeaux ». De son côté, l’avocat de Bertrand Cantat, Me Antonin Lévy, a déclaré ne pas être au courant de la réouverture d’une enquête sur ce dossier.
Un retour dans la musique
Née le 23 août 1968, Krisztina Rady, interprète de formation, avait rencontré Bertrand Cantat en 1993, lors d’un festival à Budapest.
Marié en 1997, le couple a eu deux enfants et n’a jamais divorcé même s’il s’est séparé peu après la naissance de sa fille, le chanteur ayant fait la connaissance de Marie Trintignant. Condamné à huit ans de prison en Lituanie pour des coups mortels en 2003 à Vilnius sur l’actrice, il avait rapidement été mis hors de cause dans le suicide de Krisztina Rady.
Le chanteur bordelais, libéré en 2007, a progressivement repris son activité publique à partir de 2010, avec un album et une tournée avec le groupe Detroit, suivis de la sortie, en décembre 2017, de son premier album solo Amor Fati.
La promotion de cet album a suscité une polémique, tout comme la tournée dans la foulée, émaillée de concerts annulés et de manifestations d’associations féministes.
Le 11 juin 2018, le chanteur, accueilli aux cris « d’assassin » à Grenoble en mars, a supprimé ses dernières dates prévues. Le chanteur a publié en décembre 2024 un deuxième album avec Detroit.
4 ans de prison pour le meurtre de Marie Trintignan c’est pas cher payé pour un assassinat