Ma chère, si j’étais roi,
Tu serais la reine ;
Chacun subirait ta loi
Charmante et sereine,
Et mes sujets, à genoux,
Devant toi se tiendraient tous,
Tant ton règne serait doux,
0 ma souveraine !
Si j’étais le haut César,
Seigneur de la Terre,
Pour obtenir, par hasard,
De boire en ton verre,
Je donnerai mes pandours.
Mes lansquenets, mes tambours,
Et mes canons et mes tours.
Mon sceptre et ma sphère.
Si du Pape les grandeurs
M’étaient départies,
Bravant les propos grondeurs
De nos sacristies.
Moi, le Pontife Romain.
Pour baiser ta blanche main.
Je jetterai, dès demain,
La tiare aux orties.
Si j’étais maître des Dieux
Que le ciel nous voile.
Pour que l’éclat de tes yeux
Brillât sur ma toile,
De leur beau scintillement
Je ferai, tout simplement,
Au front de mon firmament
Ma plus belle étoile.
Claudius Popelin. Recueil « Poésies complètes » (Ed. 1889). Ed. Hachette/BNF