… qui ne manque pas de sel !
La start-up bretonne Sweetch Energy produit du courant
grâce à la rencontre entre eau douce et eau de mer.
Pour le dire simplement, quand vous faites passer de l’eau douce vers de l’eau salée au travers d’un tamis, cela crée une énergie dite « osmotique ». Laquelle peut être transformée en électricité. C’est le pari qu’est en train de remporter Sweetch Energy, start-up basée près de Rennes (Ille-et-Vilaine).
Nicolas Heuzé, son directeur général, a découvert l’énergie osmotique grâce aux récents travaux de Lydéric Bocquet, un physicien français, spécialiste mondial de la nanofluidique. Il en a vite compris le potentiel : « On peut fournir de l’électricité 100 % renouvelable, en permanence, sans être dépendant des conditions climatiques, ni du jour ou de la nuit. »
Jusqu’alors, les technologies pour capter l’énergie osmotique étaient chères et peu performantes. Mais les travaux des scientifiques de Bruno Mottet et Lydéric Bocquet, les associés de Nicolas Heuzé, ont permis de mettre au point une membrane (« un sandwich de membranes », plus justement), constituée de nanotubes.
La technologie de Sweetch Energy, biosourcée, a le mérite d’être vingt fois plus efficace et dix fois moins onéreuse que les membranes jusqu’ici développées. Cette innovation, « une sorte de passoire sélective dans laquelle les ions circulent beaucoup plus vite », image Nicolas Heuzé, « c’est LE cœur du système. Elle permet d’atteindre un prix industrialisable, avec un matériau propre et une technologie peu encombrante ».
Sur son site rennais, Sweetch a démarré l’industrialisation de ses modules osmotiques. « Ils sont très pilotables, c’est-à-dire qu’on peut arrêter et démarrer très rapidement une usine osmotique », vante Nicolas Heuzé. Autre avantage : les modules – basiquement des caissons avec la membrane spéciale intégrée sont peu volumineux et leur installation est nettement moins complexe et coûteuse qu’une usine marémotrice.
La rencontre de l’eau douce des fleuves et de l’eau salée de la mer se fait naturellement dans les estuaires. C’est pourquoi depuis 2024, sur l’embouchure du Rhône, Sweetch travaille, avec la Compagnie nationale du Rhône à mettre au point le fonctionnement de la technologie en conditions réelles.
« Nous pourrons installer à terme jusqu’à 500 mégawatts de puissance sur le Rhône. Soit 4 térawattheures par an, c’est-à-dire toute l’électricité de Marseille et de sa banlieue ! », anticipe Nicolas Heuzé.
Depuis 2022, l’énergie osmotique est considérée comme une source d’énergie renouvelable par l’Union européenne. En 2024, elle a été intégrée dans le rapport Draghi, sur la compétitivité de l’Europe. « À terme, on peut estimer que l’énergie osmotique pourra fournir jusqu’à 15 % de l’électricité de la planète », extrapole le dirigeant de la jeune pousse. « Des estuaires, il y en a partout dans le monde ! », souligne Nicolas Heuzé qui a ouvert des bureaux à Boston et au Japon. La révolution osmotique est en marche.
Revue « Dividente Sociétal ». Juin 2025
Enfin une bonne nouvelle.
Super !
Il est indéniable que l’esprit humain a de la ressource.
L’optimisme est de rigueur.
Il y a de nombreuses bonnes nouvelles.
Il faut juste les mettre en musique pour obtenir un chœur d’espérance !
Merci de nous offrir ces fruits .