Il était là, discret, mais bien présent, au Trianon, le 3 juin 2025, pour le lancement de la campagne municipale de Pierre-Yves Bournazel.
Philippe Grangeon, stratège en communication passé par la CFDT et Capgemini, homme de gauche, cofondateur et ancien délégué général d’En Marche qui fut aussi conseiller spécial d’Emmanuel Macron, envoyait ce soir-là un message clair : Rachida Dati ne sera pas « sa » candidate à Paris.
Tandis que le parti Renaissance hésite encore à se rallier à la candidature de l’ancienne sarkozyste, soutenue par l’Élysée, cette figure tutélaire du camp présidentiel a déjà tranché : « Rachida Dati n’incarne en rien la promesse du dépassement de 2017 », confie-t-il aujourd’hui au « Nouvel Obs ».
Il soutiendra donc, de fait, Bournazel, conseiller de Paris, ancien député et bras droit d’Edouard Philippe, qui, à ses yeux, ferait un « maire solide et totalement dévoué à sa ville ».
Sur l’actuelle ministre de la Culture, mise en examen depuis quatre ans pour « corruption passive », « trafic d’influence passif » et « recel d’abus de confiance » dans l’affaire Renault, Philippe Grangeon estime qu’elle divisera davantage son camp qu’elle ne le rassemblera : « Ce qui me paraît disqualifiant, ce ne sont pas tant ses affaires judiciaires. Bien sûr, sa mise en examen est une réalité évidemment défavorable, mais ce n’est pas une condamnation. Simplement, je ne crois pas que Rachida Dati, membre des Républicains, soit la bonne candidate pour rassembler face aux défis municipaux. Sa candidature diviserait d’emblée le bloc central et ses électeurs. Et elle continuerait de cliver : c’est sa marque de fabrique. »
Alexandre Le Drollec. Le Nl Obs N° 3169. 19/06/2025