La menace chikungunya reste limitée
343 cas de chikungunya ont été recensés cette année en France métropolitaine, dont 424 depuis le 1er mai 2025, d’après les chiffres de Santé publique France (SPF) publiés mercredi. Un chiffre important qui contraste nettement avec les 34 cas observés sur l’année 2024. Pour autant, doit-on craindre une épidémie du virus en France métropolitaine ?
« À ce stade, pas du tout », selon Antoine Flahault, professeur de médecine à l’université de Genève pour qui « l’Hexagone ne présente pas un terrain fertile à une épidémie de grande ampleur » pour la simple et bonne raison que le moustique tigre, unique vecteur possible du virus en France métropolitaine, « ne dispose pas ici des conditions de pullulation qu’il peut trouver à La Réunion ou à Mayotte, où le climat lui est favorable tout au long de l’année ».
Lundi, face à une « transmission intense et généralisée » du virus, Mayotte a été placée en phase d’épidémie. À La Réunion, 20 personnes sont mortes à cause du virus, selon SPF.
Absence de cas autochtones
Si le médecin épidémiologiste reconnaît « un nombre important de cas » en métropole, l’heure n’est pas à la bouffée épidémique. D’autant que pour qu’il y ait une épidémie, il faut qu’il y ait des cas autochtones.
Comprendre : des cas déclarés sur des individus n’étant pas directement allés dans les zones infectées, impliquant que des moustiques présents en métropole soient devenus porteurs du virus. Aucun cas autochtone n’a pour l’instant été observé en 2025. « Il y en a quasiment chaque année en métropole, il y en aura sûrement cette année aussi, mais rien d’inquiétant » assure-t-il.
Introduit en métropole en 2004, le moustique tigre (Aedes albopictus) est implanté dans 81 départements, soit 84 % des départements métropolitains.
Qui dit période estivale dit retour de vacanciers en provenance de zones infectées. Là encore, pas un problème pour Antoine Flahault, selon qui l’épidémie massive que connaît La Réunion est en train de se calmer.
L’auteur de « Prévenez-moi ! » (Ed. Robert Laffont) conseille tout de même l’utilisation de lotion antimoustique aux voyageurs qui se rendraient à La Réunion ou à Mayotte. En outre, SPF recommande aux voyageurs le port de vêtements longs, l’utilisation de moustiquaires ainsi que d’éviter l’eau stagnante (pots de fleurs, gouttières) où éclosent les larves de moustiques.
Une mortalité similaire à la grippe
Pouvant provoquer de fortes fièvres, maux de tête et douleurs articulaires, le chikungunya est une maladie certes inconfortable, mais bénigne : dans l’immense majorité des cas, le malade s’en sort sans séquelles en 8 jours. Il n’existe pas de traitement curatif. « La mortalité est, en fréquence, équivalente à celle de la grippe — de l’ordre de 1 mort pour 1000 cas — et touche principalement les personnes fragiles et âgées », rappelle le professeur de médecine qui exclut toute campagne de vaccination envers la population métropolitaine.
« À moins qu’une épidémie ne se déclenche aux Antilles et qu’elles deviennent à leur tour un foyer d’infection, nous vivons très probablement le pic du nombre de cas importé en France hexagonale, qui devrait mathématiquement diminuer dans les semaines à venir ».
Étienne Ouvrier. Le Dauphiné Libéré. 05/06/2025.
343 cas dont 424 depuis le 1 mai. Une étrange logique, le dont exprime l’inclusion, donc une valeur moindre. Mais cela dit la logique le pfr Flahaut ne me rassure pas avec son argument climatique car la larve du moustique semble très bien résister à nos hivers, puisque des avril le petit tigre est de retour, et il a 8 mois devant lui avant le retour du gel.