Le « piège mortel » de l’aide alimentaire

Honte a ce gouvernement israélien et aux pays qui le soutient dont les USA, mais hélas pas que… MC

Le nouveau système de distribution de l’aide alimentaire à Gaza a tourné au fiasco et a donné lieu à des violences meurtrières dénoncées par les ONG et les Nations unies.

Les centres gérés par Israël avec le soutien des États-Unis n’ont rouvert que jeudi après-midi après être restés fermés toute la journée de mercredi.

L’armée israélienne est accusée d’avoir ouvert le feu sur des Palestiniens affamés qui se dirigeaient vers un des centres de distribution. Les tirs ont fait des dizaines de morts et de nombreux blessés. Bête noire du gouvernement israélien, Philippe Lazzani, directeur de l’Agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens, a critiqué « une distribution devenue un piège mortel » pour les Gazaouis.

La très controversée Fondation humanitaire de Gaza (GHF) à qui Israël a confié l’organisation de l’aide alimentaire avait suspendu ses distributions après un nouveau drame qui a fait une trentaine de morts mardi. L’armée israélienne affirme avoir visé des suspects qui s’approchaient des soldats en s’écartant des voies d’accès désignées. La GHF a justifié cette fermeture temporaire par la nécessité de revoir la logistique et de se concerter avec l’année is­raélienne pour permettre aux Palestiniens d’accéder aux distributions en toute sécurité.

Début mars, le gouvernement israélien avait imposé un blocus total aux 2 millions d’habitants de la bande de Gaza, en interdisant l’entrée de nourriture et de toute forme d’assistance. Israël, qui a lancé son offensive après l’attaque du Hamas du 7 Octobre, affirme qu’une grande partie de l’aide acheminée par les ONG et les Nations unies était détournée par le mouvement islamiste palestinien, ce que ces organisations contestent.

10.000 enfants malnutris

Face au risque de famine et aux protestations internationales, l’aide humanitaire a repris le 19 mai, mais Israël a repris le contrôle total de la distribution par l’intermédiaire de la GHF, en écartant délibérément les ONG et les agences des Nations unies. Environ 10 000 cas de malnutrition ont été enregistrés chez les enfants de Gaza entre janvier et fin avril.

« Ces sites militarisés ne respectent pas les normes humanitaires et mettent en danger la vie des civils », dénonce Florence Daunis, directrice des opérations de l’ONG Handicap International. « Ils sont inaccessibles — voire impossibles à atteindre-pour les handicapés, les personnes âgées et les personnes vulnérables, excluant de fait une grande partie de la population de l’aide dont elle a désespérément besoin »

« Si le plan de distribution de l’aide n’atteint pas le seuil humanitaire requis pour assurer la survie de la population, il pourrait constituer un crime de guerre, voire un crime contre l’humanité », estiment Pnina Sharvit Baruch et Tammy Caner, chercheuses à l’Institut d’études de sécurité nationale (INSS), think-tank israélien.

Leur mise en garde intervient alors que les deux tiers des Israéliens ne se disent pas préoccupés par la situation humanitaire à Gaza, selon un sondage réalisé du 22 au 26 mai 2025 par l’INSS.


Luc Chaillot. Le Dauphiné Libéré 06/06/2025


Une réflexion sur “Le « piège mortel » de l’aide alimentaire

  1. bernarddominik 08/06/2025 / 9h35

    C’est honteux. On apprend de plus par France info qu’un mouvement pro daesh et contre le hamas est financé par Israël et contrôlera la distribution de l’aide alimentaire. Netanyahu à justifié ce choix. On atteint le sommet du cynisme.

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