Me voici devant vous
Déchiré mais unique
Rescapé
De la paix éternelle
Que pourrais-je vous donner
De plus grand que mon gouffre
Il n’y a pas de calme
Cuirassé
L’Archange de la Mort
M’a comblé de survie
Je traverse
Mes mortelles évidences
La Croix
Cette marâtre de l’Esprit
La Loi
Cette maîtresse d’infamie
Je commence à comprendre
Sans saisir
La parole qui me porte
Est l’intacte parole
Elle ignore la gloire
De la décrépitude
La parole qui me porte
Est l’abrupte parole
Elle ignore le faste
De la sérénité
La parole qui me porte
Est l’obscure parole
Dans ses eaux profondes
Ma lumière se noie
La parole qui me porte
Est la dure parole
Elle exige de moi
L’entière insoumission
La parole qui me porte
Est une houle de fond
C’est une haute parole
Sans frontière et sans nom
La parole qui me porte
Me soulève avec rage
Paul Valet, La parole qui me porte