Il faut au laboureur les blés de Messidor.
Il faut au nautonier des rames et des voiles ;
Au chasseur des épieux, des meutes et des toiles ;
Au vigneron la vigne avec ses grappes d’or.
À l’aile des oiseaux, il faut le libre essor.
Il faut aux belles nuits des couronnes d’étoiles.
À l’âme des croyants il faut que tu dévoiles,
Tout-puissant Jéhovah, les clartés du Thabor,
Il faut au noble esprit la noble fantaisie ;
Au poète rêveur, il faut la poésie,
Aux grandes charités l’élan des grands secours ;
Le glaive au conquérant, au roi le diadème ;
A toute chose, enfin, autre chose toujours ;
A l’être aimant, surtout, un être aimant qui l’aime.
Claudius Popelin. Recueil « Poésies complète » (1889). Éd. Hachette. BNF