L’UE durcit le ton face à Israël…

… mais « l’impact » est encore limité…
… d’ailleurs l’UE, sera-t-elle « écoutée » un jour !

Union européenne et plusieurs pays membres comme l’Allemagne, l’Espagne, la Belgique, la France, mais aussi le Royaume-Uni se sont montrés, ces deux dernières semaines, davantage virulents dans leur propos contre Israël, et la guerre qu’il mène dans la bande de Gaza depuis l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023.

En début de semaine, l’Allemagne, l’un des plus proches alliés d’Israël, a fait part de son incompréhension après le bombardement d’une école à Gaza qui a fait 33 morts, dont de nombreux enfants, le chancelier Friedrich Merz menaçant pour la première fois de ne plus soutenir le Premier ministre Benjamin Netanyahou. Mardi, c’était au tour de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. « L’intensification des opérations militaires d’Israël à Gaza est odieuse », a dénoncé la dirigeante allemande.

L’accord UE-Israël, un moyen de pression

Un langage « fort et inédit », selon un diplomate. « Il y a eu un changement très notable au cours des dernières semaines », résume dans un podcast Julien Barnes-Dacey, du think tank European Council on Foreign Relations, jugeant que cette évolution reflète un « changement profond au sein de l’opinion publique européenne ».

Mais la question de la traducion concrète de ce changement de ton, reste posée. Berlin fait partie des capitales européennes qui se sont opposées, la semaine dernière, à une demande de révision de l’accord d’association liant l’Union européenne à Israël, impulsée par la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas.

La Commission entend vérifier si Israël respecte l’article 2 de cet accord, celui qui concerne le respect des droits humains et des principes démocratiques. Pour Julien Barnes-Dacey, il y a là un moyen de pression qui peut s’avérer efficace. « Le fait qu’il y ait une révision ouvre la possibilité qu’une majorité qualifiée d’États impose des restrictions commerciales à Israël », explique-t-il.

L’UE est le premier partenaire commercial d’Israël. La question est de savoir si cette majorité existe aujourd’hui, ce qui est loin d’être acquis, tant les 27 États membres ont été profondément divisés jusqu’à présent par rapport à Israël. Kaja Kallas a promis mercredi que le processus de révision serait conclu avant une prochaine réunion des ministres des Affaires étrangères de l’UE le 23 juin.

Reconnaissance d’un État palestinien

« Je pense qu’il est trop tôt pour dire qu’il y a un changement de politique, parce qu’une révision n’est qu’une révision. Ce qui compte, c’est l’action », souligne toutefois Kristina Kausch, du German Marshall Fund, un think tank bruxellois.

Plusieurs pays de l’UE, dont la Belgique, l’Irlande et l’Espagne, réclament depuis des mois un durcissement de la politique européenne envers Tel-Aviv. Les accusations de « génocide » d’Israël envers les Palestiniens se multiplient. L’État hébreu les rejette.

Une traduction concrète de ce changement de ton pourrait être la reconnaissance de la Palestine en tant qu’État, une décision envisagée notamment par la France avant une conférence internationale des Nations unies prévue en juin.


Article non signé lu dans Le Dauphiné. 29/05/2025


2 réflexions sur “L’UE durcit le ton face à Israël…

  1. bernarddominik 31/05/2025 / 10h09

    L’Allemagne s’opposera toujours à des mesures de rétorsion. Quant à Macron c’est « parole parole » il aime tellement parler et s’écouter parler qu’il oublie rapidement ce qu’il a dit.

  2. raannemari 31/05/2025 / 11h07

    Paroles, paroles, paroles, … à quand des actes ? Sans doute jamais.
    La lâcheté et la complicité de l’UE dans le génocide des Palestiniens commis par le régime occupant israélien est à VOMIR !

Identifier vos commentaires ; sinon c'est direction poubelle.