Le chamboule-tout d’Ernotte…

… rénover le contenu proposé et l’audience de la TV publique

Dans un paysage médiatique percuté par les nouvelles façons de s’informer, la multiplication des fake news, la concurrence des plateformes américaines ou les attaques contre le service public, l’Arcom a fait le choix de la stabilité. Mais ne signe pas de chèque en blanc.

Delphine Ernotte Cunci doit hisser sa plateforme France.tv en antenne numéro 1, booster la visibilité des programmes sur les réseaux sociaux, réveiller France 4 et sa chaîne d’info en continu Franceinfo (qui pourrait fusionner avec la radio), coopérer davantage avec Radio France…

Le tout avec un déficit de 72 millions d’euros prévu en 2025, sur fond de baisse des dotations de l’État. Et sans rogner sur les investissements dans la création et l’information, comme la présidente réélue s’y est engagée.

Cela risque de tanguer pour les huit mille huit cents salariés, échaudés par les déclarations de celle qui veut « lever les freins » — àsavoir réduire certains moyens de production, renégocier l’accord d’entreprise de 2013, redéfinir les métiers, développer la « polycompétence », engranger des gains de productivité grâce aux progrès de l’intelligence artificielle ou de l’automatisation…

La CGT, qui craint une « dégradation du modèle social », anticipe déjà un mandat de grande confrontation », alors même qu’une autre ombre plane : l’éventuel regroupement de France Télé, Radio France et l’INA au seind’une holding baptisée France Media.

Rachida Dati tente péniblement de faire adopter ce projet controversé de « BBC à la française » pour, jure-t-elle, « renforcer » l’audiovisuel public.
Delphine Ernotte Cunci, militante de longue date de la réforme, pourrait-elle prendre la tête de cette superstructure, si la ministre parvenait à ses fins ?

Elle en a l’ambition. Sa réélection à France Télévisions la conforte.


François Rousseaux. Télérama n° 3932. 21/05/2025


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