Un moment… une réflexion…

… d’un mâle comme un autre, ni mieux, ni pire.

La vague #MeToo a permis aux femmes de se faire entendre, de faire entrer le « consentement » comme préalable à des relations sexuelles. Ce mouvement a également suscité une prise de conscience collective sur les comportements inappropriés et les violences sexistes auxquelles beaucoup de femmes doivent faire face au quotidien. En partageant leurs histoires, les femmes ont brisé le silence et créé un espace de solidarité où d’autres se sentent encouragées à parler. De plus, #MeToo a incité des discussions importantes dans les milieux éducatifs et professionnels, amenant les institutions à revoir leurs politiques et à instaurer des formations sur le respect et l’égalité des sexes.

La vague #MeToo accepterait-elle de dévoiler les tracas subis par des hommes, comme les homicides, les coups, les brimades orales, qui sont pourtant une réalité indéniable ?
Ce phénomène, bien que trop souvent occulté, mérite d’être mis en lumière. En effet, la violence et les abus ne connaissent pas de genre ; les hommes peuvent également être victimes d’attitudes néfastes et de comportements abusifs, généralement minimisés ou ignorés. Il est crucial de reconnaître que parler de ces expériences n’enlève en rien à la gravité des luttes féministes. Ignorer cette réalité n’est pas seulement une omission de notre discours collectif, mais relève par ailleurs d’un déni envers le comportement problématique de certaines femmes, ce qui contribue à une dynamique dans laquelle les victimes de tous horizons ne sont pas prises en compte de manière équitable.


Pendant que nous y sommes…

… comment répondre à certaines femmes à l’audace vestimentaire aguicheuse ou aux quiproquos sexuels intentionnels ?
Comment rester de marbre devant des attitudes plus que libidineuses qui souvent transforment des interactions innocentes en véritables jeux de séduction où les limites sont floues ?
Il devient crucial de s’interroger sur les dynamiques de pouvoir qui s’installent dans ces contextes, où la norme semble accepter des comportements inappropriés.

  • Comment comprendre qu’au sein d’un couple légitime, que « juridiquement » le mari devra attendre le « consentement » de son épouse avant tous ébats, alors que l’inverse n’est jamais évoqué ?
  • Pourquoi, est-il « religieusement » admis que la femme « se servira » du refus de copuler de son mari pour divorcer, tandis qu’il est nettement plus rare que l’inverse soit relevé juridiquement, comme cause de séparation ?

En explorant ces questions, nous nuançons notre compréhension des relations modernes et des attentes sociétales qui pèsent sur les rôles des hommes et des femmes.


Sur ce…

Séparer l’homme de l’artiste, ce mot d’ordre a longtemps permis de fermer les yeux sur certains comportements au nom du talent reconnu de leur auteur. Ce temps-là est révolu.
C’est l’une des leçons du procès de Gérard Depardieu qui a eu lieu.

L’acteur de 76 ans, qui réfute les accusations, était jugé devant le tribunal correctionnel de Paris pour des agressions sexuelles qu’une décoratrice et une assistante réalisatrice affirment avoir subies pendant le tournage des Volets verts, le film de Jean Becker tourné en 2021.

Plus de sept ans après le début du mouvement #MeToo, jamais ne s’était tenu en France un procès pour violences sexuelles visant une star de cette envergure, une star dont le chef de l’État Emmanuel Macron disait encore à C à vous, sur France 5, en décembre 2023, après la diffusion du Complément d’enquête rapportant des propos sexistes du comédien, qu’il rendait « fière la France ». Et de fait, les débats de ces quatre jours d’audience ont cristallisé toutes les tensions d’un changement d’époque.

Mais est-il encore permis d’ignorer, en 2025, qu’une « main aux fesses » est une agression sexuelle ? Aux récits des deux plaignantes sont venus s’ajouter ceux de trois femmes rapportant des faits prescrits survenus, selon les mots de l’une d’elles, à « une époque où on ravalait sa honte ».


Pour première partie MC, pour deuxième, Valérie Hurier. Télérama N° 3925. 02/04/2025


Une réflexion sur “Un moment… une réflexion…

  1. Danielle ROLLAT TATCHOU 92 06/04/2025 / 13h56

    Il fallait effectivement aborder sereinement ce sujet

Identifier vos commentaires ; sinon c'est direction poubelle.