Tout passe, lasse, casse.

Madame, c’est en vain que les lauriers fleurit,
Le vent de tramontane ou le hâle ou le casse,
Et c’est en vain, aussi, que la tendresse amasse
Tant et tant de trésors qu’elle enserre et chérit.


Hélas ! Il est bien vrai, tout ici-bas périt point
On ne la dit que trop, en ce monde tout lasse.
Le porphyre et les fleurs, tout se brise et tout passe,
Étincelle ou soleil, tout s’éteint, s’assombrit.


Et rien ne peut durer des adorables choses,
Non plus que les chansons et non plus que les roses,
Ni que les oiseaux bleus du rêve ou les amours.


Car dans l’oubli profonde tout fuit à tire-d’aile
Parmi nous, cependant, les amitiés fidèles
Seules le restent debout longtemps, sinon toujours.


Claudius Popelin. Recueil : « poésies complètes » Ed. Hachette Livre BNF


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