… même si la « ligne » Marine Tondelier est contestée
Les 17 000 adhérents des Écologistes sont invités à voter du jeudi 16 au vendredi 18 avril 2025 — et éventuellement du 24 au 26 avril 2025 au second tour — pour le (ou la) secrétaire nationale de leur parti. Marine Tondelier, en poste depuis décembre 2022, a toutes les chances d’être réélue, bénéficiant de 2 500 soutiens d’adhérents, grâce à sa visibilité médiatique lors des négociations du Nouveau Front populaire.
Trois challengers s’opposent à elle : Karima Delli, ancienne eurodéputée ; Florentin Letissier, adjoint à la maire de Paris ; et Harmonie Lecerf Meunier, adjointe au maire de Bordeaux. Bien que leur victoire semble improbable, leurs candidatures illustrent les divergences au sein du parti.
Karima Delli a critiqué : « L’écologie a disparu du paysage politique ».
Florentin Letissier a ajouté que la popularité ne suffit pas à augmenter le nombre d’électeurs.
Harmonie Lecerf Meunier conclut : « Il ne suffit pas d’être populaire… nous n’avons pas trouvé la formule chez Les Écologistes. »
Clarifier le récit du parti
Les opposants de Marine Tondelier estiment que si l’écologie n’est plus présente dans le débat public, c’est que le récit du parti manque de clarté.
« Il y a un problème dans nos mots, a déclaré Karima Delli. On parle de “transition écologique”, mais qu’est-ce que cela signifie vraiment ? Il faut penser à la vie des gens : comment mieux isoler leur logement ? Comment améliorer les déplacements ? » Si elle était élue, elle souhaiterait mettre en place la « parité sociale » pour permettre aux personnes des milieux populaires d’accéder à des postes éligibles. « Il est urgent de reconquérir les classes populaires…, » a-t-elle ajouté.
Harmonie Lecerf Meunier appelle à plus de clarté dans le parti, mentionnant Marine Tondelier qui a donné une réponse vague sur l’abolition du capitalisme : « Si vous voulez, mais il faudra m’expliquer ce qu’on met à la place. » « Avec le collectif Radicalement vôtre, nous affirmons qu’il faut se libérer du capitalisme, dit-elle. Pour convaincre, un programme clair est nécessaire. »
Florentin Letissier ne croit pas en cette méthode. « Je pense que l’écologie est anticapitaliste, mais pourquoi dire “anticapitalisme” pour convaincre ? » demande-t-il. Il prône « le pragmatisme » et « des solutions concrètes. » « Il faut changer notre image pour que, dans les zones rurales, les gens pensent qu’avec nous, il y aurait un bonus sur les véhicules électriques. » Il défend une « écologie de gouvernement » qui semble crédible sur des questions comme la sécurité et la défense.
Discorde sur l’union de la gauche
Les quatre candidats au poste de secrétaire national ont des positions variées sur l’union de la gauche pour les prochaines élections. Marine Tondelier, Karima Delli et Harmonie Lecerf Meunier veulent « construire une union gagnante pour 2027 », incluant une alliance de « de La France insoumise [LFI] à Raphaël Glucksmann [Place publique] ».
En revanche, Florentin Letissier s’oppose à Jean-Luc Mélenchon, affirmant que « Avec lui, on ne fera jamais plus de 50 % au second tour », le considérant comme un frein pour de nombreux électeurs.
Malgré ces différences, tous les candidats insistent sur leur attachement au parti et à leur respect du futur résultat. « Ça s’appelle la démocratie interne, dit Harmonie Lecerf Meunier. […]
Synthèse d’un long article signé de Justine Guitton-Boussion. Reporterre. Source (Lecture libre, rappel cette association de journalistes ne grâce aux abonnés ou dons)