Avec des « SI »

Si la mémoire était un sac
Il serait en soie
Laissant échapper des instants
Des odeurs et des paroles
On verrait le soleil à travers
Et même quelques étoiles
Des trous d’air et des rapaces
Si la mémoire était un corps
Il serait obèse
Retenant des tas de choses insignifiantes
Insistantes
Éloignant le goût du premier baiser
De la première étreinte
Un corps qui monte vers l’azur
Dans le ciel où les souvenirs
Deviennent des gouttes d’eau salées.


Tahar Ben Jelloun. Recueil « Douleur et lumière du monde ».


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