À l’automne 2022, quand Elon Musk a dépensé 44 milliards de dollars pour racheter le réseau social, personne n’imaginait que l’homme le plus riche de la planète se retrouverait propulsé « président non officiel » des États-Unis (l’expression est d’un certain Benyamin Netanyahou), chargé par Donald Trump d’amorcer une purge bureaucratique qui ressemble à un changement de régime.
Désormais, la plateforme est devenue, pour reprendre l’expression du Washington Post, un « Mar-a-Lago numérique », en référence au repaire floridien de Trump. C’est-à-dire une cour d’Ancien Régime, qui donne à voir les jeux d’influence entre les différents cercles de ce nouveau pouvoir. Et donne la température – étouffante – de l’extrême droite en ligne. De quoi tenir un carnet de bord, comme un dernier inventaire… avant liquidation de la démocratie ?
20 janvier
Aujourd’hui, Trump prête serment. Elon Musk avait promis la présidence « la plus marrante » de l’histoire des États-Unis ; à la tribune, il l’inaugure par un salut nazi, après avoir passé la journée à envoyer des émojis en pagaille, qui rient aux éclats ou envoient des fusées sur Mars.
24 janvier
L’onglet « for you » (pour vous) de X, celui de la recommandation algorithmique, était déjà une fosse à purin. Le chercheur Paul Bouchaud, qui en a étudié les exhalaisons, m’explique que dans les mois qui ont suivi la prise de pouvoir de Musk en 2023, les contenus toxiques, insultants ou menaçants ont augmenté de 49 % dans ce fil d’actualité. Ça fait beaucoup. Et personne n’illustre mieux les dégâts de l’infection que le patron lui-même, contaminé de bon cœur par son propre virus. En guerre contre les médias traditionnels, Elon Musk passe son temps à retweeter d’obscurs comptes d’extrême droite, complotistes, ou les deux à la fois, qui façonnent et renforcent une vision du monde aussi déformée que celle d’un platiste.
C’est comme ça que j’ai découvert Mario Nawfal, un jeune entrepreneur australien adoubé par Musk. Deux millions d’abonnés tout de même, à qui il dispense son « journalisme citoyen », courroie de transmission bien huilée d’une internationale réactionnaire coprophage. Sa dernière interview ? Calin Georgescu, le candidat d’extrême droite arrivé en tête à la présidentielle roumaine, annulée sur fond d’accusations de manipulation sur TikTok.
25 janvier
Sur X, je continue de lire que le code source de la plateforme est public. Une petite musique piégeuse qui consiste à faire croire que Musk est plus transparent que les anciens dirigeants.
27 janvier
Méthodiquement harcelés, les scientifiques spécialistes du climat ont été les canaris dans la mine de charbon, quittant X dès 2023. Ils semblent avoir trouvé refuge sur Bluesky, nouvelle planète habitable. C’est en tout cas ce qu’indique une étude de la revue Nature : sur près de six mille chercheurs sondés, ils sont désormais 70 % à utiliser l’autre réseau social.
3 février
À Washington, Elon Musk met en branle son coup d’État technologique. Nommé comme promis à la tête d’un inédit Département de l’efficacité gouvernementale (Doge), il dépêche une armada d’anciens stagiaires à peine majeurs dans plusieurs agences fédérales. Fait installer – comme chez Twitter à l’époque – des lits pour qu’ils dorment sur place. Menace quiconque s’aviserait de dévoiler l’identité de ces putschistes tombés du nid. Donne à un gamin les clés du système de paiement du Trésor américain – dansla langue barbare de la programmation informatique, on appelle ça le « god mode », c’est-à-dire le mode Dieu, l’accès omniscient.
7 février
Chaque coup de canif du Doge, chaque décret de Trump, paraphé au marqueur indélébile noir, déclenche les hourras d’une foule numériqueacquise à leur cause et animée par un puissant sentiment de vengeance. Il faut instiller la peur, accueillie à grands coups de « wow » et de « great ». La mise à mort doit être spectaculaire et Musk a déjà éprouvé la stratégie chez Twitter : pénétrer le système, en dévoiler les ressorts cachés en instrumentalisant ou en trafiquant les informations qu’on y a trouvées, démanteler, démanteler, démanteler. Pendant ce temps, un des gros cerveaux de son officine est rattrapé par des tweets racistes. Il doit démissionner. Pas grave, il sera réintégré quelques jours plus tard à l’issue d’un sondage lancé par le grand chef sur son compte.
Un analyste a identifié 45 000 comptes automatisés chargés de répandre en Allemagne la parole de l’AfD en postant jusqu’à mille fois (!) par jour.
9 février
Inquiet, je repense aux quatorze critères d’Umberto Eco pour reconnaître le fascisme. Cette deuxième administration Trump coche toutes les cases. Elle exècre la culture, appauvrit le langage, déteste l’étranger, voit des complots partout. À cet égard, il faut lire et écouter attentivement J.D. Vance. Quand Trump est erratique, son vice-président est chirurgical. Lorsqu’il prend la parole à Paris, à Munich ou sur X, ce pur produit de la tech réactionnaire assume une fonction d’interprète, chargé de traduire en langage européen le cap politique de la Maison-Blanche.
10 février
J-13 avant les élections fédérales en Allemagne. Depuis de longues semaines, Musk fait campagne pour l’AfD, le parti d’extrême droite proche des milieux néonazis. Comme avec Trump lorsqu’il l’a rallié, le milliardaire en fait un enjeu civilisationnel de sauvegarde de la race blanche.
12 février
Dans une scène soigneusement chorégraphiée et terriblement symbolique, Elon Musk, son fils sur les épaules, prend la parole depuis le bureau Ovale, reléguant un Donald Trump mutique au rang de spectateur. Le président bis en profite pour assurer que le Doge est « l’organisation la plus transparente [de l’histoire des États-Unis] » au motif… qu’il communique sur X. Où il appelle aussi à une délation toute maccarthyste pour identifier « gaspillage, fraude et abus ».
15 février
Après une partie de golf, Donald Trump paraphrase Napoléon sur son compte présidentiel : « Celui qui sauve sa patrie ne viole aucune loi ».
19 février
Un mois à peine après la prise de fonction de Trump, la décence est portée disparue. Le compte officiel de la Maison-Blanche publie de fausses couvertures de Time montrant le président américain en monarque et partage des vidéos d’expulsion de sans-papiers, chaînes aux pieds, « en ASMR », référence à ces formats populaires de sons apaisants. « Ça défonce », s’enthousiasme Elon Musk, après avoir réclamé la prison pour des journalistes de CNN. Dans les jours suivants, on le verra encore menacer les employés fédéraux américains de renvoi s’ils ne répondent pas à un mail comminatoire pour rendre compte de leur activité de la semaine. Allez, encore trois ans et onze mois.
Olivier Tesquet. Télérama (très courts extraits).
Prétendre que TikTok à fait l’élection en Roumanie est absurde. Mais le procédé est tout à fait comparable à celui du duo Trump-Musk. Toutes les TV de la TNT et les radios publiques nous assènent le même discours sur l’Ukraine et la Russie au 8h de FranceInfo hier Glucksman aujourd’hui Faure, on nous manipule avec des informations tronquées, visiblement pour nous préparer à ce que 70% des Français refusent (sondage ipso de 2024 rapidement effacé).
Dans la même logique anti trumpisme les César font la réclame pour les transgenres, qui quoi qu’en disent ces messieurs reste un phénomène très marginal, donnent un César à un acteur médiocre d’un film sans public pour nous faire avaler la couleuvre du bon immigré.
Tous les moyens de propagande de la société woke prônée par le gratin culturel, sans culture, de l’Europe de l’Ouest et du Nord est des USA, contre la société anti woke de Poutine et Trump.
Il faut arrêter ce jeu débile, respecter la liberté de chacun et arrêter de vouloir nous faire croire que l’avenir de notre société est LGBTQ, tout comme chez les Trumpiste vouloir restreindre la liberté et la conscience de chacun.
Ce monde est devenu fou.
La façon dont les journaleux des différents médias, relatent les événements avec parti pris, de plus souvent en accord avec les lignes éditorialistes des supports, doit être prise et analysée en tenant compte des lignes de conduites intellectuelle et morale de chacune, chacun.
De ton long commentaire Bernard je retiens… Il faut arrêter ce jeu débile, respecter la liberté de chacun et arrêter de vouloir nous faire croire que l’avenir de notre société est LGBTQ, tout comme chez les Trumpiste vouloir restreindre la liberté et la conscience de chacun.
Ce monde est devenu fou… pour les News a chacune-chacun d’en faire son affaire, son analyse… à condition de toujours chercher l’origine ayant précédé l’événement.
Enfin ce n’est pas de sa liberté qu’il faut revendiquer dans son coin, mais que l’ensemble des peuples connaisse la liberté et la paix a tous les niveaux.
Tout à fait. De plus chaque parti ne présentant que les faits qui lui sont favorables on a beaucoup de peine à trouver la vérité il n’y a plus de médias indépendants.