Ceux qui font du bruit
Avec le sacré
N’ont rien compris à la lumière
Celle du cœur et du silence
De l’intime réclusion face au mystère
Ceux qui détruisent le vivant et l’éternel
Qui saccagent la mémoire de l’humanité
Brûlent les manuscrits
Abattent les statues
Chient dans les musées
Ceux qui enterrent vivantes les filles
Et font bien d’autres barbaries
Il ne faut surtout pas les comparer aux bêtes
Les animaux ne font jamais la guerre
À d’autres animaux
Ils ont plus de dignité que les meurtriers de l’intelligence.
Tahar Ben Jelloun. Recueil : « Douleur et lumière du monde ». Éd. Gallimard