En réponse à un commentaire sur un article récent.
Bernard, je pense que cet article « forcé » montre clairement qu’il ne juge pas un dramatique événement de la société, il conteste seulement la façon dont l’actualité est présentée.
Mon propos concerne uniquement les lignes éditoriales des chaînes d’infos comme BFMTV, LCI, C8 ou France Info.
Parlons de BFM TV, diffusée gratuitement dans les lieux publics, cliniques et hôpitaux. Disons-le, ce n’est pas une chaine d’« infos en continu » que je regarde, j’ajouterai même : jamais… pas plus que d’autres chaînes d’info en continu d’ailleurs.
C’est lorsque l’on est cloîtré par obligation dans une chambre loin de son domicile, éloignement ne permettant pas à son épouse de venir échanger, le seul lien possible reste les émissions télévisuelles. Certes, il est heureusement possible d’éteindre le téléviseur et de se passer de la diffusion de l’info gratuite calée sur BFM TV, mais devant les longues heures passées très souvent seul dans une chambre, en dehors des allées et venues du personnel, la tentation d’occuper l’espace est d’allumer la Télé.
C’est dans ces conditions que j’ai fait la découverte de l’embrigadement à droite (droite-droite le plus souvent) des reportages et débats par cette chaîne axée sur un sujet — en l’occurrence, et pendant cinq jours, l’affaire de l’assassinat d’une gamine — diffusant, ressassant, et ce, si je n’avais pas dormi quelques instants, durant 24 heures, pour repartir sans changer de sujet, le lendemain et les jours suivants. À peine comme s’il n’y avait pas eu d’autres événements, d’autres infos, ni en France, ni en Europe, ni dans le monde.
Il est vrai que j’aurais pu prendre un abonnement payant pour avoir les autres chaînes possibles, sauf que, étant hospitalisé normalement pour 48 heures d’une part et d’autre part, il fallait se rendre dans le hall d’accueil pour prendre l’abonnement, entreprise difficilement conciliable avec les soins et analyses d’une part et d’autre part, il m’était impossible de savoir le temps que je resterai à l’hôpital. C’était donc difficile de se plonger dans un autre monde médiatique qui aurait pu apporter une certaine forme de diversion ou une perspective différente sur les événements.
D’autre part, je n’arrive pas à comprendre que le gouvernement n’impose pas la diffusion gratuite dans les hôpitaux des chaînes appartenant à l’État. Cela me semble être une opportunité manquée pour informer le public sur des sujets divers, allant de la culture à la santé, en passant par l’économie et les affaires internationales. L’information plurielle devrait être une priorité, surtout dans des moments où les patients hospitaliers sont aussi vulnérables.
Il est exact que j’aurais pu disserter – certainement ou à l’inverse des volontés gouvernementales – sur l’importance d’avoir un accès à une palette d’informations équilibrées.
Dans une démarche personnelle essayer de comprendre l’origine de la multiplication des actes de violence de nos jours. Ce questionnement menant à réflexions sur notre société et ses complexités, car il paraît qu’une approche simpliste ne suffise pas. Je pourrais aussi mettre en cause l’État, qui ne cherche pas à résoudre les problèmes complexes sociétales actuelles par la racine. Une société prospère se doit d’aplanir les inégalités, éduquer et notamment rechercher le dialogue social, enfin éviter que les médias ne deviennent le seul reflet d’une fausse réalité.
Personne ne remet en cause les raisons « la non-éducation » familiale, des parents obligés financièrement pour subvenir au foyer, tous deux de se rendre à leur travail délaissant l’éducation réelle de leurs enfants. Que dire de l’éducation scolaire actuelle aux personnels éducatifs en sous-effectif chronique lorsque ce sont pas des changements constants de programmation éducative. Que dire des pré-ados se fourvoyant dans des parcours professionnels et des circuits à l’enseignement dépassé techniquement ou enseignant une profession qui n’existe plus ou ne le sera plus dans les quelques prochaines années. Que dire de l’abandon il y a plusieurs années du service militaire obligatoire qui nivelait les égos, pliait les dominants, accordait crédit aux dominés dans une société un temps clos rendant chacun responsable de l’autre. Que dire du marché du travail actuel ou les rémunérations sont au plus bas dans de nombreuses entreprises, des entreprises délocalisées ou close pour sur encaissement de bénéfices aux profits d’actionnaires, expédiant des salariés au chômage sans le moindre regret voilà bien des questions auxquelles le gouvernement refuse de s’y atteler parce que dans le même temps cette situation économique et sociale intéresse les entrepreneurs leur permettant l’embauche au moindre coût salarial.
MC
Cnews n’est pas une chaîne d’info mais d’opinion. LCI fait un focus sur la guerre Russie Ukraine et fait la retape pour l’Ukraine. BFM et France Info sont bien des chaînes d’information mais BFM sélectionne quelques faits qu’elle grossit. Quant à France Info elle joue le jeu du gouvernement essayant de naviguer entre ses composantes. Voilà ce que je vois et entend sur la TNT. Pour le reste il m’a semblé que tu regrettais que les chaînes d’info et les bulletins d’information se focalisaient trop sur la violence et non sur les réponses à y apporter. J’ai donc répondu à cet avis, sur lequel je suis globalement d’accord mais je disais être inquiet d’une forme de violence pour laquelle je ne vois pas d’autre réponse que le contrôle et la répression de par la causalité de cette violence.
Bonjour Bernard, je suis parfaitement d’accord avec toi sur le positionnement – éditorial ou narratif — des chaînes se chargeant se la diffusion de l’information à longueur de journée.
Il faut être bien conscient que chaque chaîne, essaie d’avoir une place importante à l’audimat, place qui lui permet de fixer le prix des minutes d’antenne pour la publicité.
Il reste pas moins vrai que le traitement d’un événement dramatique quel qu’il soit, part d’un certain nombre de faits de société.
Observateurs présentateurs comme invités à disséquer l’info, négligent cette partie importante de l’information. Pour autant il ne s’agit pas même en connaissant l’antériorité et le concours des faits et gestes d’absoudre sans un réel jugement, celles ou ceux produisant l’événement.
Amitiés. Michel