Forcé…

J’ai fait un tour dans une fourmilière, fascinant microcosme de la société dans laquelle chaque créature joue son rôle. Je me suis retrouvé dans un nid tentaculaire aux nombreuses spécificités, essaimées dans diverses unités, telles que les gardiennes, les nourrices et les bâtisseuses, chacune ayant plusieurs fonctions dans l’organisation sociétale. Les couloirs sinueux étaient illuminés par la lumière diffuse, révélant des scènes d’activité frénétique où les ouvrières transportaient des nourritures, tandis que les larves, précieuses pour la survie de la colonie, étaient choyées avec un soin minutieux.

Comme beaucoup, j’ai relayé bien des informations mettant à mal le système de santé français. Pour l’avoir, par obligation, fréquenté pendant une semaine non seulement apprécier, mais aussi me doit de louer le professionnalisme et la technicité déployée par toutes ces fourmis actives. Chacune d’elles, avec une incroyable minutie et une véritable passion pour leur métier, contribue à la bonne marche de notre système médical, souvent critiqué à tort.

Certes, j’aurais préféré séjourner moins éloigné de mon domicile, éloignement qui par là même, éloigne les visites alors que les journées sont très longues entre les soins, analyses diverses, repas et rondes du personnel de nuit. Ce temps passé loin de ma femme a été difficile, et j’ai ressenti une profonde solitude, mais j’ai aussi pris conscience de l’engagement et des efforts incommensurables déployés par le personnel médical pour assurer notre bien-être. Les échanges, bien que limités, m’ont permis de mieux comprendre les défis auxquels ils font face quotidiennement. Ainsi, cette expérience, bien qu’éprouvante, m’a permis d’apprécier la complexité de la médecine moderne.

Deux bémols à souligner ; la restauration à la propriété gustative douteuse d’une part, qui soulève de sérieuses questions sur la qualité et l’authenticité des produits proposés, et d’autre part, à partir du moment où on n’investit pas financièrement dans la réception de programmes télé, se retrouver avec en boucle info BFM télé, diffusant une actualité souvent biaisée, ressassant chaque heure des informations qui manquent de profondeur et d’analyse. Il est particulièrement frustrant de constater que cette chaîne, à travers ses pseudos journalistes et invités plus ou moins spécialistes, est capable de pérorer pendant des heures sur des sujets qu’ils ne connaissent pas vraiment, mais dont ils ajouteront à chaque fois le ressenti personnel, transformant ainsi une discussion potentiellement informative en un débat stérile et peu enrichissant pour le téléspectateur. Cette dynamique participe à une désinformation généralisée et à une fatigue informationnelle de la part du public, qui aspire à des contenus plus authentiques et éclairés.

Pendant une semaine, et ce, durant 24 h (si je le souhaitais, mais de temps en temps, il faut dormir), m’étais narré l’assassinat de Louise (acte ignoble au demeurant) avec tous les cinq minutes la vue du portail de la police de Versailles, ou sur le lot pavillonnaire où habitent les parents de cette fillette.

Présentateurs ou présentatrices, comme les plus ou moins personnalités ayant quelques notions de l’affaire, n’ont eu de cesse que de faire grandir dans leur présentation des événements, l’immense grandeur, je cite, de la délinquance en France.

À réfléchir un tant soit peu sur le rôle de cette information, il apparaît que celle-ci est non seulement construite et diffusée pour informer, mais également pour susciter la peur et l’indignation parmi les citoyens. Une telle approche ne fait qu’attiser les flammes d’un débat public déjà enflammé, où les commentaires et jugements sont souvent exprimés sans une compréhension approfondie des véritables enjeux sociaux.

En effet, l’idée que la justice, tout comme la police, ne serait pas assez sévère devient une rengaine répétée, créant un climat de méfiance et d’anxiété qui, paradoxalement, peut mener à une stigmatisation encore plus forte des jeunes en compassion difficile, comme ceux engendrés par des situations familiales précaires.

Quand, faites-le malaise, est plus profond que les pauvres pékin (que vous êtes, les auditeurs) ne peuvent ignorer l’appel à mener une réflexion bien plus large sur les causes de la délinquance. En fin de compte, il est essentiel de ne pas se laisser emporter par des discours réactifs qui mettent en avant l’urgence d’une société répressive à tous les niveaux, mais plutôt de chercher à comprendre et à adresser les racines du problème, afin d’envisager des solutions durables et efficaces.


MC


7 réflexions sur “Forcé…

      • barbara Auzou 16/02/2025 / 11h42

        Amitiés, Michel.
        Je suis bien contente de retrouver ta lucidité d’analyse…

        • Libres jugements 16/02/2025 / 14h09

          Lucidité d’analyse dis-tu Barbara un bien grand mot pour le pauvre petit humain que je suis parmi des millions d’autres…
          Amitiés. Michel

  1. bernarddominik 16/02/2025 / 9h24

    La délinquance est devenue le sujet majeur des informations relegant à la portion congrue ce qui se passe en Syrie à Gaza en Afrique. Le premier ministre est sommé de s’expliquer non sur sa politique mais sur une affaire de mœurs. donnant le sentiment de vivre dans le danger permanent. Il y a bien cependant un problème mais pas seulement d’éducation. On a jamais vu autant d’agressions au couteau par des étrangers au nom d’Allah. Et encore pas seulement, quand je vais à Paris je suis constamment sur mes gardes à cause des bandes de mineurs (roumains albanais pour la plupart) qui font du vol à la tire. Ça m’est arrivé 2 fois à Paris. Et là il n’est pas question d’éducation il s’agit d’organisations mafieuses exploitant les enfants. Donc même si je trouve le focus sur la délinquance exagéré il n’en reste pas moins que l’on voit bien que l’état est dépassé par cet afflux d’étrangers sur lesquels il n’a pas prise et dont les motivations échappent à toute solution éducative.

  2. rblaplume 16/02/2025 / 10h42

    Je peux témoigner du même engagement fréquentant des hôpitaux privés, suivant les nouvelles terminologies des cliniques, par nécessité d’urgences de soins. Qui a permis cet oxymore, l’hôpital privé !
    Je constate que ma petite-fille, par la nature de ses études, a constaté des dégradations des locaux et des taux d’encadrement en privé et en public très insuffisants. Il apparaît que bon nombre de postes sont occupés, à tous les niveaux de l’organisation, par des personnes d’Outre-Mer ou étrangères.
    Là, on peut écrire, comme dans d’autres domaines, que c’est une chance pour la France que toutes ces personnes choississent ce pays et notre métropole !
    La situation est critique pour notre système de santé. Même engagement exemplaire du personnel soignant, dans les cliniques, avec parfois de la part des praticiens des regrets d’avoir eu l’obligation de quitter l’HOPITAL.
    Quel gâchis !
    Evidemment bien des excellences n’ont pas à vivre des délais d’attentes monstrueux aux urgences, ni à se préoccuper des deserts medicaux et à financer des dépassements d’honoraires. Quant à ne pas se soigner, il ne faut pas y songer, ils sont responsables et dignes d’être en charge sans délais.
    RBLAPLUME

    • Libres jugements 16/02/2025 / 15h33

      Merci Robert pour ton commentaire comme d’habitude avisé.
      Amitiés. Michel

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