Ainsi, Donald Trump a-t-il concrétisé, par sa pression décisive, l’accord qui a permis la libération d’un certain nombre d’otages israéliens du Hamas. Pour qu’il profite pleinement, au plan politique, de cette aura qu’il a conquise tant en Israël qu’auprès des communautés juives de la diaspora, il faut bien sûr que l’accord aille au bout de sa réalisation, que tous les otages vivants rentrent à la maison.
Mais déjà, Trump est gagnant en termes d’image, y compris auprès de ceux qui constatent qu’il a su tordre le bras à un Netanyahou réticent à signer, là où Biden avait échoué. Cerise sur le gâteau, ulcéré par l’accord, le ministre nationaliste-religieux Ben Gvir a quitté le gouvernement. Qui s’en plaindra ?
Oui, mais… Oui, mais, s’il existait une contrepartie tacite à cet accord sur les otages et à l’humiliation imposée aux plus intransigeants du Likoud ? Quelques indices. D’abord, la nomination comme ambassadeur américain en Israël de l’ancien challenger de Trump lors de la primaire républicaine de 2016, l’ex-gouverneur de l’Arkansas Mike Huckabee. Ancien pasteur baptiste, il fait partie de ce courant appelé le « sionisme chrétien », très en vogue dans le monde protestant.
L’idée est simple. Les protestants fondamentalistes croient que le texte de la Bible doit, pris littéralement, servir de boussole politique. D’où leur conviction que tout lieu mentionné dans le texte sacré comme ayant été occupé par des populations juives doit appartenir aujourd’hui en Israël, État des Juifs.
A minima, cela implique la souveraineté sur la Cisjordanie et le Golan. Certains y ajoutent Gaza, le Sinaï occupé après 1967, voire un bout du Liban et de la Jordanie. Donc plus d’État palestinien, plus de solution à deux États.
Le nouvel ambassadeur assume le fait qu’Israël doit recouvrir « la terre donnée à Abraham il y a 3500 ans ». Il l’a répété sur Fox News ce mois-ci. Parallèlement, lors de son audition au Sénat en vue de sa confirmation en tant qu’ambassadrice à l’ONU, Elise Stefanik a affirmé qu’Israël avait un « droit biblique » sur la Cisjordanie. Ce qui est étonnant de la part d’une républicaine de confession catholique, le catholicisme n’ayant pas l’habitude d’écrire
la carte de la région selon l’Ancien Testament, mais qui, de la part d’une fraîche convertie au trumpisme, est un gage donné aux plus idéologues de son camp.
Ces déclarations augurent-elles de ce qui se passera après le deal sur les otages, c’est-à-dire un possible blanc-seing aux nationalistes-religieux du Likoud et des petits partis à sa droite de pousser pour une, pour des annexions ? Possible. C’est le souhait de Bezalel Smotrich, ministre des Finances, et de Ben Gvir plus que celui de Netanyahou, qui sait sans doute qu’annexer la Cisjordanie est sécuritairement impossible sans une explosion de violence sans précédent.
En même temps, il est à craindre que l’accord sur les otages aggrave la défiance entre Juifs et Arabes. En raison des récits assez terrifiants que les ex-otages donneront certainement de leur détention. Parce que, hélas, il y aura davantage de corps restitués à Tsahal que de gens bien vivants.
De sorte qu’en Israël et dans la diaspora le discours des « chrétiens sionistes » est applaudi comme une preuve d’amour, alors qu’il est infiniment plus ambigu : pour ces gens, la réunion de tous les Juifs dans les frontières de l’Israël biblique est en effet le prélude au retour de Jésus. Donc du temps où les juifs se convertiront à la « vraie foi ».
Jean-Yves Camus. Charlie Hebdo 29/01/2025
L’archéologie à démontré que tous les habitants de la Palestine n’étaient pas juifs à l’époque biblique, de plus la bible parle des hébreux, or les descendants des hébreux ne sont pas tous de religion juive la plupart étant musulmans. Et si on attribue un droit à des ouvrages antiques, on en a pas fini avec les guerres, les assyriens (pas plus de 300000 aujourd’hui ) pourraient revendiquer l’Irak la Syrie la Palestine car leur dieu Assur les leur à donnés, c’est même mieux documenté que le don à Abraham