Vantant toutes libertés, d’un côté…

… surveillant les clients de ses entreprises à leur insu, de l’autre

Matthew Livelsberger, un conducteur s’est suicidé avec des bidons d’essence et des feux d’artifice, à bord d’un Cybertruck de Tesla, à Las Vegas.

Même s’il n’est pas responsable du suicide, l’image d’Elon Musk a déclenché une polémique suite à cet événement. Il soulève des préoccupations concernant son appel à la vérité et à la transparence, compte tenu de son passé en matière de désinformation politique.

Musk a en effet envoyé une équipe de Tesla à Las Vegas pour aider les enquêteurs à accéder aux éléments collectés par le véhicule sur Matthew Livelsberger. Tesla étant propriétaire de ces données, la police a besoin de son concours pour les interpréter. L’entreprise le ferait-elle pour n’importe quel accident ? Jusqu’à quel point la loi l’y contraint-elle ?

L’explosion de Las Vegas a révélé au grand public (et peut-être à la police elle-même) l’importance des données personnelles recueillies et stockées par Tesla, par le biais des nombreuses caméras et des technologies de traçage des trajets effectués dont les voitures sont équipées. « Ce sont des panoptiques sur roues », dit Albert Fox Cahn, le fondateur de Surveillance Technology Oversight Project, un organisme de plaidoyer pour les libertés individuelles face aux nouvelles technologies, à propos des voitures Tesla.

  • Les engagements politiques des conducteurs et de leurs passagers, leur éventuelle participation à des manifestations, mais aussi leurs rendez-vous médicaux (traitement d’une maladie grave, avortement, etc.) peuvent ainsi être tracés.
  • Que fait Tesla de ces informations ?
  • A qui est-elle susceptible de les communiquer, voire de les vendre ?

Chantres auto-institués de la liberté individuelle, les entreprises de Musk utilisent de manière systématique des techniques extrêmement sophistiquées pour surveiller leurs clients et leurs proches, qui, à leur insu, fournissent une multitude de renseignements sur leur vie privée.

La régulation en matière de protection des données personnelles est encore faible et sujette à de nombreuses zones grises. Or le multimilliardaire, dont les sociétés bénéficient de contrats fédéraux, va, à partir du 20 janvier, prendre un haut poste dans l’administration Trump pour déréguler l’économie américaine. Fera-t-il évoluer les textes sur le sujet afin de favoriser son propre business ?


Marie-Cécile Naves. Nouvel Obs (Extraits) – 08/01/2025. Source – En accès libre  


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