Poème 18

Je dévore tes lèvres quand tu parles dans la nuit
Je dévore tes lèvres et te regarde à l’infini
Je me tiens immobile si je bouge tu t’enfuis
Tes yeux fauves et la lune y voit l’oiseau de paradis
Tu poses tes missiles et dans la planque où je t’écris
Dans mon sexe la terre et toi panthère dans ma nuit

Je me tiens immobile si je bouge tu t’enfuis
Des années de galère où je te veux à l’infini
Approche tes yeux lynx et sens le soleil de midi
Enfonce tes yeux sphinx lèche pour y chasser la pluie
Tiens-toi à l’encolure je cabre face à l’ennemi
 Mon prince mordu d’azur chassera la louve à minuit
Entends partout l’orage qui pousse l’aube dans le bois
Regarde la nuit se trouble et brise la mer en éclats


Clara Ysé. Recueil « Vivante ». Ed. Seghers


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