Le rapport des Français aux médias

L’étude de l’Arcom éclairera les lanternes des citoyens sur le rôle des médias, le poids de l’information pour permettre aux Français de se faire une opinion en connaissance de cause. Aux portes du pouvoir, le RN a déjà annoncé qu’il privatiserait l’audiovisuel public dans le cas d’une prochaine victoire électorale.

Le règne d’Emmanuel Macron a ouvert les vannes, lorsque celui-ci a qualifié l’audiovisuel public de « honte de la République », puis a laissé dépérir ces médias publics, en permettant sans coup férir aux milliardaires de s’emparer des médias et des sphères culturelles. En caporalisant le rapport avec les journalistes et médias jugés non orthodoxes, en étrillant la liberté d’expression, tandis que dans la foulée nombre d’émissions voient leur avenir mis en cause par le fait du prince et de sa cour.

Le rapport des Français à l’information

Le document de l’Arcom est composé de quatre chapitres :
• Intérêt et goût pour l’information
• Sources et attention aux sources
• Connaissance et perception des réseaux sociaux
• Image des médias et des journalistes.

Ceux qui sont d’un avis contraire se recrutent parmi les inactifs et les jeunes (11% des 15-19 ans) perméables aux thèses complotistes. Et là encore, à l’opposé des schémas tout faits, l’étude établit que 94 % des Français s’informent quotidiennement. Ceux qui ne partagent pas cette démarche, déclarent avoir peu confiance dans les institutions (en règle générale, selon l’étude, ce sont des adolescents ou des personnes au faible niveau d’éducation).

Les Français qui s’intéressent à l’information disent le faire pour mieux comprendre le monde dans sa complexité (44 %) et garder le lien social (37 %) dans une démarche proactive de rechercher l’information.
Dans un contexte de diffusion large, de l’information, les Français sont favorables à une présentation neutre et factuelle (64 %) et souhaitent une mise en perspective (54 %) des sujets traités. Les jeunes générations s’informant plus via les réseaux sociaux.

Les sources d’information

Les personnes sondées affirment que la télévision et la radio restent leur premier mode d’accès (80 %). Sur ce total, 66 % s’y informent au moins une fois par jour, dont 51 % par la radio. 79 % regardent régulièrement un journal télévisé, tandis que 61 % s’informent sur les chaînes d’information en continu.

Les réseaux sociaux

Toutefois, l’étude montre qu’à côté des médias traditionnels, les réseaux sociaux et plateformes vidéo prennent de plus en plus d’importance. Ainsi, un Français sur deux s’informe quotidiennement sur les réseaux et plateformes vidéo en ligne, avec une nuance de taille pour les jeunes générations (15-34 ans) qui puisent l’information exclusivement sur les réseaux sociaux et se disent peu enclins à payer pour s’informer.
Dans ce contexte, 47 % des Français qui surfent au quotidien sur les réseaux sociaux, affirment y trouver une offre ajustée à leurs besoins et 34% estiment même y trouver des informations qu’ils n’ont pas ailleurs.

Le rôle des journalistes

53 % des Français préfèrent que leurs informations soient sélectionnées par des journalistes plutôt que par des algorithmes (retraités, CSP+). 16 % ne sont pas de l’avis majoritaire, car ils n’ont pas confiance dans les institutions (23 %), ce sont des jeunes de 18-24 ans (21 %), perméables aux thèses complotistes (25 %).

Les Français reconnaissent aux médias une influence dans la formation de leur opinion, signe d’une forte légitimité (76 % pour la radio, TV, presse contre 37 % pour les réseaux sociaux). Toutefois, l’étude relève qu’en dépit de cette légitimité 48 % doutent de la fiabilité des informations provenant des médias !

Les journalistes, là encore à l’encontre des idées généralement reçues, sont perçus comme une garantie de fiabilité face aux réseaux sociaux et aux fakes news (98 %).


Patrick Kamenka. Revue « Cause commune » n° 40.


Une réflexion sur “Le rapport des Français aux médias

  1. bernarddominik 05/01/2025 / 17h33

    L’arcom fait une analyse qui gratte nos élites là où ça les démange: si on n’est pas d’accord c’est qu’on est nul. C’est tout à fait ce que pensent Macron ou Marine le Pen. Quant à tous ces chiffres obtenus en interrogeant milles personnes d’un échantillon sensé représenter la nation, c’est la variété des questions qui.ne cadrent pas avec l’échantillon, comme disait Mr Escouffier mon professeur de statistiques (à l’université de Montpellier), avec le bon échantillon on peut tout aussi démontrer que la qualité du vin de l’herault dépend des résultats de son équipe de football.

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