Le cocktail Paix…

… au Moyen-Orient-Israël-Gaza-Cisjordanie, etc, version Trump – désire ou vision – !

Porté aux nues par l’extrême droite israélienne, le nouveau président des États-Unis revendique la paternité de la trêve à Gaza. Mais la suite de son calendrier reste incertaine…

« Nous avons accompli tant de choses sans même être à la Maison-Blanche. » Donald Trump a annoncé avant même Joe Biden la trêve entre le Hamas et Israël à Gaza. « Cet accord de cessez-le-feu ÉPIQUE […] a montré au monde entier que mon administration recherchera la paix et négociera des accords pour garantir la sécurité de tous les Américains et de nos alliés », a fanfaronné le 47 président sur son réseau, Truth Social, revendiquant la paternité d’une trêve dont les modalités étaient sur la table depuis huit mois. Lors de la conférence de presse qui a suivi l’annonce, une journaliste a demandé à Joe Biden : « À qui revient le mérite, monsieur le président, à vous ou à Trump ? » Biden a répondu :

« Vous plaisantez ? » Il avait déjà précisé : « Ces derniers jours, nous avons parlé comme une seule équipe [avec l’administration Trump, NDLR]. »

Le nouveau président des États-Unis a utilisé des menaces et un langage agressif pour obtenir un accord, incitant les leaders régionaux à libérer des otages avant son investiture. Il a exercé des pressions sur Benyamin Netanyahou concernant une trêve, tandis que l’émissaire de Trump a forcé l’acceptation de l’accord, le journaliste Lior Kodner comparant ce processus à un propriétaire exigeant un loyer.

Lors de son premier mandat, Trump, très favorable à la droite israélienne, a multiplié les gestes en faveur d’Israël, comme déplacer l’ambassade américaine à Jérusalem et reconnaître des territoires israéliens. Cela l’a rendu populaire auprès des nationalistes israéliens. Les partisans de Trump espéraient sa victoire, certains pensant que cela apporterait de meilleures relations entre les États-Unis et Israël.

Dès son élection, Trump a nommé des alliés des colons à des postes importants. Son futur secrétaire d’État, Marco Rubio, a promis d’annuler les mesures de l’administration Biden contre les groupes d’extrême droite en Cisjordanie. La nouvelle ambassadrice à l’ONU, Elise Stefanik, a critiqué l’ONU pour antisémitisme. Pete Hegseth, le secrétaire à la Défense, a soutenu les actions d’Israël contre le Hamas. Mike Huckabee, le nouvel ambassadeur en Israël, a nié l’occupation de la Cisjordanie, affirmant les droits historiques des Israéliens sur cette terre.

C’est la première fois qu’un ambassadeur n’est pas juif. Selon Bruno Tertrais, cela montre le soutien de Trump aux évangéliques américains, qui croient que soutenir Israël est essentiel pour le retour de Jésus. Le déplacement de l’ambassade à Jérusalem reflète cette idéologie plutôt que des relations personnelles avec Netanyahou, avec qui Trump avait des désaccords.

Trump reste vague sur ses intentions futures. Les soutiens à l’annexion de la Cisjordanie pourraient être déçus, car il est peu probable qu’il soutienne des politiques qui nuiraient aux accords avec l’Arabie saoudite. Riyad exige la création d’un État palestinien pour avancer avec Israël. Trump avait déjà essayé de les convaincre avec le « deal du siècle », mais cela n’a pas abouti.

Dans le nouveau contexte, Trump pourrait renouer avec ce projet. Uzi Rabi, directeur du Centre Moshe Dayan, a comparé Trump à un marchand. La réaction de l’Iran à une normalisation des relations entre Israël et l’Arabie saoudite est incertaine.

Avant l’investiture de Trump, l’Iran a montré sa force militaire. Trump a considéré l’Iran comme l’ennemi principal des États-Unis, mais il pourrait y avoir des négociations. Il veut aussi protéger les finances de sa famille et espère obtenir un prix Nobel de la paix en établissant un accord au Proche-Orient.


D’après un texte de Céline Lussato. Le Nouvel Obs. N° 3148. 23/01/2025
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