Attention !

Les milieux d’affaires européens et Français songent à imiter les nouveaux locataires de la maison blanche.

Ainsi, on peut en lire les prémisses dans l’éditorial de Dominique Seux dans « Les échos » du 15 janvier.  Sous un titre qui annonce la couleur : « ce que Trump peut nous inspirer » le porte-parole quotidien du libéralisme sur France-Inter écrit après moult circonvolutions sur l’administration Trump : « Mais cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas une leçon à tirer pour la France. Celle-ci : les milieux économiques doivent se faire davantage entendre, être moins timides et prudents dans ce qu’ils pensent devoir être fait…
«  Pourquoi les entreprises et leurs patrons doivent-ils être présents dans le débat public ? C’est triste à dire : parce que les responsables politiques ne sont tout simplement pas au niveau. Leurs analyses de la situation économique sont faiblardes. Ils sont obsédés par leurs ambitions et extrêmement pressés de les voir se réaliser. Ils manquent de courage. Résultat : le déclin n’est plus seulement une menace. Il est là
 » Dit autrement, il faut un gouvernement composé uniquement par les grands patrons du CAC 40.

« Après tout », poursuit Seux, « puisque le problème le plus urgent concerne le budget, les entreprises savent équilibrer leurs comptes. C’est aussi simple que cela, celles qui sont durablement dans le rouge sans perspectives de redressement disparaissent. Ce sont elles, les entreprises, qui ont créé plus de 2 millions d’emplois depuis dix ans et qui augmentent les salaires.
Bref, elles ne sont pas les plus mal placées sur le sujet » Et au nom de quoi les grandes entreprises doivent-elles prendre le contrôle de L’État ?

Réponse de M. Seux. « En ce moment, les entreprises sont d’autant plus légitimes à s’exprimer, par exemple sur les impôts, que les plus grandes d’entre elles ont accepté, bon gré mal gré, une hausse temporaire de l’imposition de leurs résultats, ce qui leur coûtera 8 milliards d’euros — ce n’est pas une paille. Franchement, voit-on souvent d’autres catégories professionnelles s’avancer, comme les bourgeois de Calais, la corde au cou ? ».  Ce message n’a rien d’anodin. Il doit être pris au sérieux. Il annonce une campagne en ce sens.

L’urgence du primat à l’unité et au mouvement populaire

Il ne s’agit pas seulement d’un combat contre le trumpisme, mais contre la nature de l’actuelle construction européenne voulue par les droites, le macronisme qui, au nom d’on ne sait quelles valeurs, n’aboutira qu’à de nouvelles souffrances pour les peuples et à l’élargissement des guerres. 

La violence de classes des possédants risque de s’amplifier encore. Dans une telle situation aucune illusion ne doit être cultivée sur l’actuel pouvoir fade, qui lui-même est plus tenté par les courbettes devant « l’oncle Sam » que de défendre les intérêts nationaux et européens.
C’est d’abord l’action populaire qu’il faut organiser pour construire un autre rapport de forces, pour des victoires immédiates s’inscrivant dans un processus de changement structurel.


Extraits de la Lettre du 18/01/2025 – Patrick Le Hyaric


Une réflexion sur “Attention !

  1. rblaplume 19/01/2025 / 15h09

    Cette période, à laquelle nous sommes confrontés, est des plus intéressantes.
    En effet, les langues se délient. Les loups sortent du bois. Le système des puissants sûrs de leurs assurances, de leurs appuis médiatiques, de leurs soutiens multiples dans la haute administration, de la proximité des oligargues maîtres de cérémonies aux différentes manettes de l’économie, de la politique, s’aventurent pour réclamer le pouvoir dévolu au peuple.
    Ainsi, il va être temps d’ouvrir les yeux. De tels écrits permettent de faire tomber les masques. On pourra définitivement connaître d’où s’exprime et au nom de qui ces journalistes proclament leurs convictions.
    On a connu déjà des séquences historiques diverses qui ont mis en valeur les tenants du capitalisme comme Jean-Marc Sylvestre, François Lenglet, Jean-Marc Daniel, Nicolas Doze. A cette liste non exhaustive, la personnalité de Dominique Seux se détache. Son positionnement sur FranceInter est particulier. En effet, depuis 2008 sur la chaîne de France Inter la voix du journaliste économique de référence fait autorité. Ce monsieur , directeur délégué des Echos et débatteur avec M. Christian Chavagneux, d’Alternatives économiques, Directeur des publications, sur cette chaîne publique fait preuve d’un sens des responsabilités que nos politiques se plaisent à rappeler sans cesse ! Ce Monsieur se permet de commettre un article dans les Echos fort intéressant autant dans sa forme que sur le fond.
    Là, point de prudence dans les termes, éloge des grandes entreprises, dénigrement des politiques et revendications du pouvoir comme aux Etats-Unis.
    La démocratie n’est plus qu’un mot d’amballage ! Il est vrai que certaines attitudes de la classe politique, en France, dans l’Union européenne, conforte la proclamation de ce primat économique et financier.
    Imagine-t-on des journalistes de l’Humanité, de Politis ou d’Alternatives économiques tenir de tels propos et bénéficier le même temps d’antenne que tous ces thuriféraires de l’économie libérale ?
    Quels seraient les cris d’orfraie et les indignations poussés par ces gens si peu responsables mais encore moins coupables!
    Merci, Michel, pour cette publication qui balise notre chemin vers l’espérance dans le genre humain composé de Citoyennes, et de Citoyens.
    RBLAPLUME

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