Adieu, ou bon débarras ?

Inéluctablement, le cycle des décès de fin/début d’année garnie les quotidiens locaux sur parfois de nombreuses pages. Un homme est mort, un vociférant patenter, admirateur de la sélection humaine, souhaitant planifier la mise « hors-jeu » des opposants , de l’immigration , rejetant l’histoire mondiale. Ce personnage aux opinions controversées, a souvent partagé ses idées sur des plateformes publiques, suscitant tantôt l’admiration, tantôt la réprobation.
Oui, un homme est mort, mort ce jour-là comme tant d’autres morts anonymes. Que son entourage familial le pleure est dans la logique, que la presse et les médias de tout poil en face autant comme si la nation avait perdu une personne de grand savoir humain, est scandaleux.
Au-delà de la douleur personnelle des proches, il est troublant de constater comment des figures polarisantes continuent d’attirer l’attention médiatique, réduisant ainsi la complexité de leur existence à un simple fait divers. Les courants d’opinion se nourrissent de ces disparitions, parfois au détriment de la réflexion critique, transformant chaque décès en une occasion de débattre des idées qu’ils ont laissées derrière eux. MC

« Figure historique de l’extrême droite, il a ainsi joué un rôle dans la vie publique de notre pays pendant près de soixante-dix ans, qui relève désormais du jugement de l’Histoire », indique l’Élysée dans un communiqué à travers lequel le président adresse ses « condoléances » à la famille et aux proches de Jean-Marie Le Pen.

Moins lapidaires : les messages postés par le Premier ministre François Bayrou et son ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, sur le réseau social X. « Au-delà des polémiques qui étaient son arme préférée et des affrontements nécessaires sur le fond, Jean-Marie Le Pen aura été une figure de la vie politique française. On savait, en le combattant, quel combattant il était », écrit le chef du gouvernement.
« Une page de l’histoire politique française se tourne », estime pour sa part Bruno Retailleau. « Quelle que soit l’opinion que l’on peut avoir de Jean-Marie Le Pen, il aura incontestablement marqué son époque », tient à souligner le Vendéen.


Romain David. Public-Sénat. Source (Lecture libre)

Reste une question centrale, le mouvement propulsé à la base par Jean-Marie Le Pen lui survivra-t-il ?
Cette question soulève des interrogations sur la capacité de cette formation politique à s’adapter aux évolutions sociopolitiques actuelles et à répondre aux préoccupations croissantes des citoyens.

Dans un contexte moral de plus en plus volatile, où les opinions des électeurs se fragmentent et se diversifient, le mouvement doit s’interroger sur sa pertinence et sa résilience face à des enjeux sociétaux tels que l’environnement, l’immigration et la justice sociale.

Toutefois, le défunt ne saurait acquérir une figure séculaire et par conséquent tout dépendra des orientations données par la direction de ce mouvement politique, qui devra naviguer entre la fidélité à ses racines et une nécessaire ouverture aux enjeux contemporains.

Alors que le paysage politique est en constante mutation, il est crucial de réécrire une constitution privilégiant réellement la pratique démocratique, afin de favoriser un dialogue constructif et inclusif, tout en cherchant à établir des solutions viables qui répondent à l’urgence des défis contemporains. Le RN fera-t-il cette démarche lui qui reste « socialement de gauche, économiquement à droite et viscéralement xénophobe ».

MC


4 réflexions sur “Adieu, ou bon débarras ?

  1. bernarddominik 08/01/2025 / 11h51

    Oui je préfère la définition xénophobe à raciste. Jm Le Pen était xénophobe mais pas raciste. Au fond il est un pétainiste, une société autoritaire et protectrice, mais mais être économiquement de droite qu’est ce que ça veut dire ? Laisser les entreprises polluer ? Piller? Licencier sans autre cause que le profit? On ne peut être socialement protecteur dans ce cadre.

  2. marie des vignes 08/01/2025 / 14h01

    Bonjour Michel, je trouve que la manifestation de joie pour le décès de jean-Marie Le Pen était, à mon avis , mal venue, qu’on n’aimait pas la personne OK , mais on peut malgré tout s’abstenir de commentaires et de manifester, je reste assez convaincue que cela ne grandit personne ce genre de chose. Bon après-midi Amicalement MTH

  3. rblaplume 08/01/2025 / 19h28

    RBLAPLUME
    Monsieur LE PEN a occupé la place que les mondes politiques et médiatiques ont bien voulu lui octroyer. De sa place de tribun d’extrême droite, il a grandi à l’abri de différentes stratégies d’adversaires politiques qui l’ont instrumentalisé. A son tour, roublard et nanti du confortable fauteuil d’opposant au système en se revendiquant d’une certaine tradition française allant de Pétain aux Cercles de pensées ultra libérales et xénophobes, Monsieur Le Pen a réussi à se faire élire au suffrage universel direct et indirect de multiples fois. En passant par des provocations sciemment conçues pour susciter la polémiques et l’éclairage médiatique indispensable pour être connu et reconnu, il a couru les plateaux et scènes poilitiques !
    L’apport de ce Monsieur est très faible en termes d’idéologie. Néanmoins, il a réussi à susciter sur son nom un courant politique qui se nourrit des décompositions sociales et politiques particulièrement dans des zones ouvrières ou populaires abandonnées à leur triste sort par des idéologues comme Terra Nova, la Fondation progressiste !
    Le monde des affaires, toujours à la recherche d’un joker pour éviter de se remettre en question et de perdre les pouvoirs conquis, regarde ce courant politique avec sympathie ainsi que la haute fonction publique.
    L’Union européenne a déjà commencé à intégrer des chefs de gouvernement de même obédience et acueillera sans doute Mme LE PEN avec déférence.
    La mort de cet homme politique retiré et isolé est un non évènement pour moi. Cette information ne m’a pas invité plus que d’habitude à regarder ou écouter les médias.
    Etrange coincidence des dates, Monsieur LE PEN et l’ attentat perpétré contre les journalistes de Charlie Hebdo occupent l’actualité !
    L’une est d’importance et secoue mon idéal républicain , l’autre n’est que nécrologique !

  4. Danielle ROLLAT 12/01/2025 / 20h45

    Je partage la lecture « du Parisien » passé par une voisine, à qui je file en échange mon quotidien préféré par ailleurs… elle découvre enfin..
    Je lui ai prêté le numéro spécial de Charlie et celui du Canard.. elle a apprécié.. Par contre, je n’ai pas apprécié que le Parisien ait consacré la une et 5 pages, à la disparition du Père de Mme LE PEN dans le même numéro.. il a été beaucoup plus discret pour nos regrettés amis….chacun ses choix… merci.

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