L’interview de Michel Barnier : le déni

Menacé de censure tant par la gauche et par Marine Le Pen, après avoir déclenché le 49.3 pour faire adopter le texte du projet de loi de financement de la Sécurité sociale, Michel Barnier s’est exprimé ce mardi lors du journal télévisé de 20h sur TF1 et France 2.

« Il y a beaucoup de tensions, de sentiments d’injustice et de colère dans le pays – Ma porte reste ouverte, je suis à l’écoute », a martelé comme à son habitude le premier ministre. Écouter mais sans accepter les propositions ou négocier.
Sur les plateaux de France 2 et TF1, Michel Barnier a évité les questions des journalistes, tournant autour du pot en rejetant d’abord, la faute sur « Jean-Luc Mélenchon, l’extrême gauche et ses amis ».

L’électorat du RN pris à témoin

Pour faire pression contre la motion de censure, le premier ministre a voulu prendre l’électorat du Rassemblement national à témoin. « Vont-ils se sentir respectés ? », s’est-il interrogé. « Le bien commun du pays est significatif pour les Français. Contrairement à certains hommes et certaines femmes politiques, ces derniers sont lucides : la situation du pays est grave. »

Quitte à plonger un peu plus le pays dans une crise politique, Michel Barnier a tenu à affirmer une certaine fermeté : son texte ne bougera pas, a-t-il affirmé.
« Près de 18 millions de Français verront leur impôt sur le revenu augmenter, d’autres en paieront pour la première fois parce qu’on n’aura pas pu inscrire dans la loi de finances la réindexation qui est prévue, que j’ai prévu, pour le barème des tranches d’impôt. C’est inéluctable », affirme l’homme de 73 ans. « Les députés qui votent la censure vont devoir rendre des comptes aux Français. »

Lorsque les journalistes demandent au premier ministre s’il souhaite élargir le socle commun, ce dernier élude, mais sans pour autant évoquer qui pourrait en faire partie. Quant à une éventuelle démission du chef de l’État, le premier ministre a rejeté la question.

Un peu plus tôt, Emmanuel Macron a lui-même réagi à cette éventualité : « Ça n’a pas de sens », a-t-il lancé depuis l’Arabie saoudite.
Avant d’évoquer le « cynisme insoutenable » du Rassemblement national et « la perte de repères complète » du Parti socialiste qui entendent censurer Michel Barnier et son gouvernement.
Comme ils l’affirment pourtant depuis le premier jour.


Margot Bonnéry.  Source (Extraits – lecture libre)


Il est à se demander la véritable raison de l’intervention–interview de Michel Barnier aux journaux télévisés. N’était-ce pas simplement le dernier sursaut d’un homme politique qui, après maints résultats positifs, se trouve confronté à un échec cuisant ?
Dans un contexte où les attentes étaient placées très haut, cette intervention pouvait également être perçue comme une tentative désespérée de redorer son blason et de convaincre un électorat de plus en plus sceptique face à sa capacité à mener des réformes efficaces.
Barnier, qui a pourtant été salué pour ses précédentes réalisations, semble maintenant au bord d’une crise d’identité politique, cherchant à s’expliquer et à justifier ses choix face à un paysage politique en constante évolution.
Fi des promesses, les citoyens attendent des actes concrets ; cette intervention, qui ne visait qu’à apaiser les différentes tensions, a en vérité, scellé sa sortie à 73 ans, du cercle politique.

MC


Une réflexion sur “L’interview de Michel Barnier : le déni

  1. bernarddominik 04/12/2024 / 16h29

    Ce budget n’est pas parfait car il ne va pas chercher l’argent là où il se cache. Mais le RN est en absurdie pour 30€ de reste à charge supplémentaire il est prêt à faire payer de 50 à 400€ de plus d’impôt dur le revenu. Que le RN arrête de se moquer de nous. Quant au NFP il vit sur un nuage bien loin de la réalité et joue, comme le RN la politique du pire, espérant une démission de Macron.

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