6 novembre 1974, 50 ans jour pour jour. Simone Veil monte à la tribune de l’Assemblée pour y défendre la légalisation de l’IVG sous les injures de son propre camp, trois jours plus tard grâce aux voix de la gauche le texte qui changera la vie de millions de femmes sera adopté en première lecture avant de l’être définitivement fin décembre.
Celles et ceux qui l’ont vécu témoignent ce matin dans nos colonnes de ce qu’était la vie avant cette loi fondamentale. Un rappel salutaire
Car si la constitutionnalisation de la « liberté » à disposer de son corps est une avancée indéniable, elle ne suffit pas à en faire un droit intangible. Entre moyens désespérément manquants et autres disparitions de centres IVG — en 15 ans, 130 ont fermé, selon le Planning familial — avorter reste pour bien des femmes un parcours de combattante.
Et surtout, « un droit n’est jamais acquis pour toujours », insiste Jacqueline Chonavel qui siégeait dans les rangs communistes au moment du vote de la loi Veil.
Et, en effet, la contre-offensive réac ne désarme jamais.
Pour preuve nos révélations du jour sur l’ombre du catholique libertarien Pierre-Édouard Stérin qui plane sur le groupe de presse et d’édition Bayard, inspiré par la bataille culturelle que mène déjà tambour battant Vincent Bolloré pour imposer ses vues traditionalistes.
Même après 50 ans, pas de doute, le combat continue.
Julia Hamlaoui – Cheffe de service à l’Humatinale