Poutine, Trump, L’Otan… Guerre(s) ?

… et l’Ukraine est laissée ou délaissée selon des avis divergents…

Après 1 000 jours de conflit, la guerre en Ukraine est entrée dans une nouvelle phase, mardi, avec les premiers tirs de missiles américains lancés par l’Ukraine sur le territoire de la Russie.

Cette attaque contre un dépôt de munitions ne change toutefois pas le rapport de force sur le champ de bataille, qui reste favorable à Moscou. La décision américaine d’autoriser l’Ukraine à effectuer des frappes en Russie avec des missiles balistiques livrés par les États-Unis peut juste l’aider à freiner l’avancée des troupes du Kremlin.

Le véritable tournant de la guerre en Ukraine, c’est la perspective de négociations de paix à la suite de la victoire de Donald Trump aux États-Unis. La proximité du milliardaire avec Vladimir Pouline, le président russe, et son peu d’intérêt pour le sort des Ukrainiens laissent craindre un désengagement de son pays.

Son élection va probablement conduire à accélérer le calendrier des discussions avec la Russie, qui pourraient déboucher sur une trêve au prix de possibles con­cessions territoriales exigées par Moscou. L’Ukraine semble s’y préparer, d’autant que ses troupes continuent de perdre du terrain.

« Le champ de bataille impose la négociation »

« Le moment de la négociation est arrivé. Donald Trump n’en est que le catalyseur. Le champ de bataille l’impose », analyse Gérard Araud, ex-ambassadeur de France à Washington, sur son compte X. « Les mois qui viennent seront très durs pour les Ukrainiens. La Russie va redoubler ses efforts pour aborder la négociation dans les meilleures conditions », ajoute l’ancien diplomate, qui espère un appui européen pour que l’Ukraine n’arrive pas en position de trop grande faiblesse à la table des négociations.

« Donald Trump a tellement répété qu’il mettrait fin à la guerre en 24 heures qu’il devra s’y lancer sans tarder pour prouver qu’il est à la hauteur du défi », explique Tatiana Kastouéva-Jean, directrice du centre Russie-Eurasie de l’Institut français des relations internationales (Ifri) dans une tribune publiée dans Le Monde. « Si Trump décide de ne plus soutenir l’Ukraine, les risques d’ef­fondrement du front ukrainien, déjà en difficulté, sont réels », poursuit-elle.

Le président ukrainien se prépare à ce scénario. « Il est certain que la guerre se terminera plus tôt avec les politiques de l’équipe qui dirigera désormais la Maison Blanche, a confié Volodymyr Zelensky le week-end dernier. L’Ukraine doit tout faire pour que cette guerre se termine l’année prochaine, par des moyens diplomatiques. »

Une volte-face du futur prési­dent américain reste possible en raison de son caractère ca­pricieux. « L’imprévisibilité de Trump, en l’absence de tout garde-fou, peut mener à une escalade dans les relations avec la Russie plutôt qu’à l’apaisement engendré par le sacrifice de l’Ukraine », prévient Tatiana Kastouéva-Jean.

20 % du territoire sous contrôle russe

Volodymyr Zelensky, qui a parlé au téléphone avec Donald Trump après sa victoire, affirme que l’échange a été « constructif ». Il n’a pas dit si le successeur de Joe Biden avait formulé des exigences au sujet de possibles négociations avec Moscou. Pour la Russie comme pour Donald Trump, une des lignes rouges reste l’aspiration de l’Ukraine à rejoindre l’alliance militaire de l’Otan.

De son côté, Kiev craint qu’une résolution rapide du conflit soit conditionnée à des concessions territoriales au bénéfice de la Russie qui a annexé les quatre régions de Donetsk, Kherson, Louhansk et Zaporijjia à l’est du pays, après avoir conquis la Crimée en 2014.

La Russie contrôle actuellement environ 20 % du territoire ukrainien. La question des régions occupées reste sensible, mais l’Ukraine s’apprête à la reléguer au second plan.

Les responsables ukrainiens pourraient accepter le statu quo actuel en contrepartie de garanties sur la pérennité d’un cessez-le-feu, même s’ils ne sont toujours pas prêts officiellement à renoncer à leur souveraineté dans le cadre d’un accord de paix.


Luc Chaillot. Le Dauphiné Libéré. 20/11/2024


Une réflexion sur “Poutine, Trump, L’Otan… Guerre(s) ?

  1. bernarddominik 21/11/2024 / 23h11

    Dans cette guerre il y a un couillon, l’Ukraine et un dindon l’UE. Triste réalité.

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